La 4G est finalement très ponctuellement au rendez vous du dernier trimestre 2016. Les premiers échos au sujet de son déploiement commercial, qui a débuté depuis une semaine, sont plutôt favorables.

L’annonce de son lancement avait pourtant, voici quelques mois, suscité un certain scepticisme chez nombre d’experts. «Timing inadéquat» soulignaient certains d’entre eux en insistant sur une (encore)  relativement faible pénétration de la 3G due à son démarrage tardif. Il y a aurait aujourd’hui en Algérie seulement un peu plus 8,5 millions d’abonnés 3G, selon le ministère des PTIC (mais plus de 16 millions selon L’ARPT). Parmi les autres obstacles au développement de la 4G, les critiques relèvent également l’absence d’un écosystème du numérique, illustré par la panne du e-paiement, ainsi que celle d’une industrie du contenu local.

Ces inquiétudes ne semblent manifestement pas partagées par les opérateurs de téléphonie mobile qui louent, au contraire, les avantages de la nouvelle technologie et semblent décidés à jouer le jeu de son développement «à fond», si on en juge par les informations rendues publiques ces derniers jours.  «La 4G ouvre la voie à des améliorations considérables en termes de vitesse de téléchargement, de TV sur mobile, de streaming ou d’appels voix en qualité HD. Des pans entiers de l’économie vont également bénéficier de la 4G grâce aux nouveaux usages mobiles qu’offre cette technologie aux utilisateurs à l’instar du m-commerce, du m-payement, du m-banking, du m-santé, du m-éducation, etc », affirment  en chœur les opérateurs. Les réseaux mobiles 4G offriront des débits quatre à cinq fois plus rapides que ceux de la 3G, un temps de latence de quelques millisecondes et surtout la plus forte capacité de données jamais échangée en Algérie entre un terminal mobile et l’antenne émettrice précisent les techniciens.

Des investissements modérés

Parmi les raisons de cet engouement des opérateurs pour la 4G, figurent certainement le fait que les investissements nécessaire au développement de la nouvelle technologie ne semblent pas considérables. «Nous avons consacré un budget de 10 à 15 milliards de dinars (un peu moins de 100 à 150 millions de dollars) pour les investissements de la 4G», déclarait récemment M. Mohammed Habib, PDG par intérim de Mobilis. Son prédécesseur à la tête de l’opérateur précisait de son côté «que tous les équipements mis en place pour la 3G sont capables d’évoluer vers la 4G sans de très grands investissements».  M Vincenzo Nesci, président exécutif de Djezzy, évoque  pour sa part un «engagement d’investissement» plus élevé en mentionnant le montant d’un milliard de dollars au cours des cinq prochaines années, mais sans préciser toutefois quelle part de cet investissement global sera réservé à la 4G.

La réduction de l’effort d’investissement réclamé des opérateurs a également été favorisée  par le caractère relativement modeste du montant des licences fixé par le gouvernement. «Le montant de la partie fixe de la contrepartie financière de la licence est fixé à cinq milliards de dinars pour Mobilis, trois milliards de dinars pour Ooredoo et quatre milliards de dinars pour Djezzy (soit entre 30 et 50 millions de dollars).

Un développement accéléré de la couverture géographique

Prenant de vitesse le  calendrier de déploiement minimal défini par le régulateur qui s’étend sur cinq années, les opérateurs annoncent tous un développement accéléré de la couverture géographique. «Une vingtaine de wilayas avant la fin de l’année en cours», assure Ooredoo qui s’engage même à couvrir les 48 wilayas dans une année. Même engagement du coté de Djezzy qui annonce, aussi, au moins 20 wilayas couvertes avant fin 2016. Mobilis va dans un premier temps procéder au lancement de la 4G dans trois wilayas obligatoires de son choix qui seront Alger, Oran et Ouargla, avant de le faire dans onze autres wilayas. Le premier responsable de l’opérateur historique estime en outre que son entreprise pourra, dès la première année, dépasser 25% de couverture d’une wilaya au lieu des 10% obligatoires dans le cahier des charges.

«Même tarifs que la 3G»

Les dirigeants des différents opérateurs se veulent également  rassurants à propos des aspects commerciaux du développement de la 4G : «Les prix de la 4G seront les mêmes que ceux de la 3G». Ils affichent avec une belle unanimité la volonté d’offrir «les meilleurs tarifs et la plus grande facilité d’accès aux clients». Ces derniers pourront ainsi  obtenir leur nouvelle carte SIM compatible 4G à travers tout le réseau commercial. Les abonnés pourront également conserver leur ancien  numéro.

De nouveaux services 

Dans le même temps les opérateurs  promettent «beaucoup de nouveaux services». La 4G permet de nombreuses fonctionnalités, tels le visionnage de matchs sportifs, de la télévision, etc. Les services 4G proposés par Ooredoo en Algérie seront «très proches de ce qu’on peut voir à l’étranger» assurent les responsables de l’opérateur qatari. «Le déploiement de la 4G apportera en outre une innovation en matière de partenariat public/privé dans le secteur du numérique. Nous allons contribuer à développer un écosystème propre à l’économie numérique», affirment également les dirigeants des trois compagnies à l’image de Vincenzo Nesci qui a fait savoir que Djezzy ira plus loin, en créant «un incubateur pour promouvoir la création de start-ups au sein de l’Ecole Nationale Polytechnique (ENP) et de la Djezzy Academy».

Côté économique, l’entrée en activité commerciale du réseau LTE (4G) ouvrira des opportunités aux initiateurs du nouveau modèle économique du pays, pour inclure le haut débit mobile dans le chapitre des liens entre l’économie et l’innovation technologique souligne le nouveau  patron d’Ooredoo qui  affirme que le réseau 4G constitue une solution technologique aux problématiques que rencontrent l’économie numérique en général, et l’industrie numérique en particulier. Les chiffres de la banque mondiale qui sont publiés annuellement sont éloquents, souligne t’il : «à chaque augmentation de 10% dans les connexions mobiles de l’Internet à haut débit correspond une augmentation de 1,38% dans la croissance économique».

Hassan Haddouche

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