Aussi inattendu qu’inespéré, l’accord de réduction de production signé mercredi par les pays de l’OPEP fait monter les cours du brut, et flamber les majors pétrolières en bourse. Même si la route reste longue avant sa concrétisation, c’est l’Algérie qui aura marqué un point décisif dans ces négociations.

« Un consensus pour piloter le marché »

Il a donc convaincu l’Iran de faire un geste, ne serait-ce que symbolique, en acceptant le principe d’une réduction générale de la production des pays de l’OPEP. Elle sera symbolique dans un premier temps, 700.000 barils par jour sur un total de 33 millions au maximum. Avec l’argument que rien n’empêchera l’Iran de renouer avec ses quotas d’il y a quelques années si le pays le souhaite.

Ce que l’Iran a accepté, en soulignant le caractère « historique » de l’événement. Le ministre iranien du pétrole, Bijan Zanganeh a salué cet accord, qui intervient « après deux ans et demi de blocage. Nous avons désormais atteint un consensus pour piloter le marché », se félicite-t-il.

Mise en place complexe

D’autant que désormais, on s’achemine vers la phase de mise en place de ces accords, à savoir la répartition de ces quotas de production révisés entre pays de l’OPEP, lors de la prochaine réunion de fin novembre. On peut d’ores et déjà s’attendre à d’âpres discussions, et sans doute à de nouveaux blocages.

Un accord et de nouvelles perspectives auxquels devront s’adjoindre aussi les pays non-membres du cartel. Avec un a priori positif, tant les prix actuels sont en train de chambouler les économies et les perspectives budgétaires chez les producteurs.

Influence croissante de l’Algérie

Mais de l’avis général, un grand pas vient d’être franchi, et une vraie impulsion a été donnée. Si le geste n’est que symbolique, l’impact devrait déjà être sensible sur le court terme. Goldman Sachs estime que sa mise en œuvre devrait faire grimper les prix de 7 à 10 dollars le baril dès le 1er semestre de l’année prochaine. Donc stabiliser clairement les cours au-dessus de 50 dollars.

Et les observateurs saluent le rôle majeur de diplomatie que vient de jouer l’Algérie dans cette phase importante. Son rôle de conciliateur et son poids au sein de l’OPEP se voient renforcés, après la signature de cet accord surprise d’Alger.

Source : Antoine Larigaudrie de BFM Business