Le système Licence Master Doctorat LMD a échoué à moderniser les universités algériennes. C’est du moins ce qu’estime Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Intervenant dans le cadre des rencontres organisées par les étudient de l’ex-parti unique, le premier responsable du secteur a été on ne peut plus explicite en déclarant que le «système LMD a provoqué un chaos dans l’université algérienne». Hadjar a, d’ailleurs, expliqué que les difficultés que connaît actuellement l’université algérienne peuvent être imputées à ce système ajoutant qu’initialement il a été conçu pour plus de rigueur et de lisibilité dans les universités, mais en définitive ce système a chamboulé ces universités. Pour illustrer les problèmes générés par le système LMD, le ministre a donné l’exemple de la démultiplication des diplômes dans une même filière conduisant à l’augmentation du nombre des diplômés qui ne trouvent pas de débouchés.

Le responsable a également abordé la question de la qualité pour souligner qu’elle demeure inexistante. Pour le ministre, il est aujourd’hui vital de mener ce qu’il a appelé «la bataille de la qualité». En osant évoquer pour la première fois l’échec cuisant du système LMD, Tahar Hadjar a voulu incarner le changement et la rupture, manœuvre politique ou volonté réelle de réformer l’université ?  Tahar Hadjar a martelé qu’une réforme profonde est nécessaire. Les reformes dont parle le ministre s’attelleront sur le « volet pédagogique, la formation aux métiers d’enseignement que sur le volet social lié aux œuvres universitaires ».

Hormis l’aveu d’échec, Tahar Hadjar n’a apporté aucune nouveauté, les autres problèmes soulevés étaient et demeurent ceux qui rongent l’université algérienne depuis des années, à savoir le formatage de cette institution qui ne répond pas aux exigences de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, mais à un modèle politique visant à domestiquer et rendre dociles les élites universitaires

Massi M