Après une période d’une totale impunité marquée par une anarchie sans précédent, le gouvernement algérien se réveille de sa torpeur pour interdire les insertions publicitaires sur Google et Facebook qui représentent une fuite de devises totalement illégale. 

Une fuite orchestrée par des entreprises, de surcroît publiques, à l’image de Mobilis qui se désengage de la production de contenu local sur le web algérien pour renflouer les caisses des géants américains. En plus, ces derniers ne reversent pas le moindre centime au fisc algérien.

Désormais, grâce à une circulaire signée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, les opérateurs nationaux n’ont plus le droit de procéder à l’insertion d’encarts publicitaires facturées en devises au profit de Facebook et de Google. Ceci dit, force est de constater que la circulaire du Premier ministre ne rappelle pas également à l’ordre les agences de communication qui proposent leurs services pour procéder au paiement de ces insertions publicitaires sur les plateformes de Google et de Facebook. Cette pratique est totalement illégale puisque les règlements de la Banque d’Algérie interdisent tout bonnement l’intermédiation dans la vente de prestations de services à l’étranger.

Interdire aux opérateurs économiques algériens d’insérer des publicités sur Facebook et Google ne suffit donc pour assainir un marché de la communication entièrement déstructuré par la faute de plusieurs acteurs qui ne respectent pas les règles de la transparence. Et le contenu local algérien en fait les frais. Dans un pays de 40 millions d’habitants, le contenu numérique est pauvre, très pauvre. L’Algérie ne créé presque rien et se contente de consommer ce que les géants de l’Internet lui imposent. L’internaute algérien n’exploite toujours pas ses potentialités et résume ses activités sur le web à tchatter et visionner des vidéos sur Youtube. Une passivité consternante qui donne naissance à une paresse choquante et empêche l’avènement d’une véritable économie numérique. Une économie qui peut créer des emplois, des richesses  et une véritable valeur ajoutée. Mais pour ce faire, les autorités doivent mettre en place une véritable politique de soutien à la création sur Internet. Pour empêcher que les sites de référencement comme Google captent l’essentiel des ressources publicitaires en utilisant le contenu des sites algériens sans contrepartie, il est urgent de lancer une série de mesures pour améliorer l’offre locale.

Pourquoi ne pas soumettre, à titre d’exemple,  l’accès au marché algérien de Google, Microsoft, AOL, Yahoo! ou Facebook » à une taxe qui sera, ensuite, reversée dans un fonds destiné à encourager les pure players algériens. On pourrait également offrir un crédit d’impôt aux entreprises algériennes qui investissent dans des start-ups nationales. Mais c’est surtout le problème de l’ANEP que le gouvernement doit obligatoirement résoudre, s’il est réellement sincère dans sa volonté de protéger le contenu local. La régie publicitaire publique, qui gère tous les appels d’offres et campagnes publicitaires des plus grosses entreprises publiques, doit faire sa mue pour s’ouvrir sur les sites web algériens. Il est temps de réserver un quota respectable de la publicité publique aux pure players algériens, comme ce fut le cas pendant des années pour les titres de la presse écrite. Cette manne publicitaire permettra aux créateurs de contenu algériens d’innover, recruter, explorer de nouveaux domaines et exporter leur savoir-faire vers des marchés internationaux, notamment dans le domaine des créations de site web et des applications mobiles.

Le gouvernement Sellal est appelé à entamer cette réflexion pour permettre au web algérien de jouer son rôle dans la construction d’une nouvelle économie nationale.