Dans le projet de la loi de Finances 2017, presque tous les budgets de l’Etat ont diminué. Pour certains départements ministériels, en contact direct avec la population, la baisse dépasse plus de 10%. Des départements sensibles comme ceux de l’Intérieur et des collectivités locales ainsi que l’Education nationale sont invités à se serrer la ceinture.

Une institution échappe, pourtant, à cette règle quasi-générale : la présidence de la République. Le budget du palais d’El-Mouradia a certes consenti une baisse de 1%, selon le document approuvé par le Conseil des ministres et révélé par nos confrères de TSA. Mais ce qui est intriguant est le fait de garder « presque » le même budget 7,82 milliards de dinars (7,90 pour 2016), soit près de 76 millions d’euros, alors que les activités présidentielles sont réduites presque à néant. Il est vrai que comme toutes les autres institutions, la présidence de la République a un personnel à payer, un parc automobile et des bâtiments à entretenir. Mais le chef de l’Etat ne sort plus depuis plus de 3 ans ! Une situation qui laisse poser des questions sur la destination de ces fonds.

Plus que cela, le budget de la présidence de la République est plus important que celui des services du premier ministre dont le chef remplace, malgré lui, le président de la République dans ses activités publiques. Il est vrai que le personnel des services de Abdelmalek Sellal est plus réduit. Mais les responsabilités qui incombent actuellement à cette institution (dont le budget a augmenté de 3,4 milliards pour 2016 à 4,5 milliards en 2017), implique en principe un budget beaucoup plus conséquent.

Mais il est établi, depuis longtemps, que le budget de certaines institutions échappe à tout contrôle. Celui de la présidence est le premier concerné.

Essaïd Wakli