C’est une promesse qui dure depuis plusieurs années. La Nouvelle ville de Sidi Abdellah devait changer le visage de l’Algérie. Elle devait permettre d’offrir un cadre de vie agréable et une nouvelle façon de construire nos villes. Malheureusement, cette promesse ne se concrétise toujours. Et la nouvelle ville de Sidi Abdellah n’abritera, pour l’heure, que des futurs logements AADL !

Et pourtant, le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, Abdelmadjid Tebboune, a réitéré encore une fois la nécessité de faire de la nouvelle ville de Sidi Abdallah un modèle urbanistique pour les autres nouvelles villes lors d’une visite de travaille effectuée samedi sur les chantiers. Mais de quel pôle urbain parle le ministre de l’Habitat lorsque ce projet ambitieux se transforme finalement en cités-dortoirs ?

« Sidi Abdallah doit obéir à une conception architecturale bien élaborée qui tient compte des moindres détails, pour constituer à l’avenir un modèle de pôles urbains et de nouvelles villes », a expliqué le ministre en évoquant les grandes lignes d’un autre projet totalement « utopique »  au regard de la conjoncture économique difficile du pays.

Les propos du ministre de l’Habitat traduisent une conception quelque peu erronée du concept de pôle urbain. Pour ce haut responsable, un pôle urbain doit comprendre toutes les commodités administratives (Poste, mairie, administrations diverses) en plus des écoles et des commerces et des lieux de loisir pour subvenir aux besoins élémentaires de ses habitants. En réalité, un pôle urbain est beaucoup plus complexe que ça. La conception d’un pôle urbain, quelle que soit sa dimension répond à une certaine philosophie de vie. Les espaces urbains sont conçus de sorte qu’ils soient vivants. Les gigantesques cités construites dans le cadre des projets de construction menés par l’État sont des cités-dortoirs. Et la Nouvelle ville de Sidi Abdellah n’échappe pas à cette règle.

Un pôle urbain ne peut être baptisé comme tel que si ce dernier génère de l’emploi et créé de la richesse. Dans leur classification, les petits pôles urbains (environ 20 000 habitants) doivent générer au minimum 5000 emplois, si l’on applique ces critères à la nouvelle ville de Sidi Abdallah qui compte 27 agglomérations où des projets sont prévus pour la réalisation de près 54.000 unités de logements. La moyenne des habitants qui doivent occuper cette nouvelle ville est de 162 000 personnes. Partant de ce postulat, le pseudo pôle urbain devra générer au minimum 40 500 emplois. Des paramètres que le ministre de l’Habitat semble ignorer et occulter pour la simple raison qu’il ne dispose pas de la compétence nécessaire pour les maîtriser.

Massi M.