Les services de sûreté de la wilaya d’Alger se sont targués, dans un communiqué publié vendredi, d’avoir retiré environ 4000 permis de conduire en septembre. Cette politique de retrait tous azimuts est-elle efficace ?

En attendant l’entrée en vigueur du permis à point, les autorités continuent, aujourd’hui plus que jamais, leur politique de retrait tous azimuts. C’est en tout 3 994 permis de conduire qui ont été retirés à des contrevenants sur un seul mois.

Comme pour enfoncer le clou, le communiqué a également recensé 13 811 infractions au Code de la route engendrant le décès de quatre personnes et 61 blessés sur la seule région d’Alger. Si ces chiffres expriment une chose, c’est bien l’inefficacité du régime de sanction en vigueur.

La politique actuelle de retrait de permis est très vorace en termes d’énergie et de temps épuisé dans d’interminables réunions de commissions au niveau de toutes les daïras du pays. Une réunion de commission de retrait de permis regroupe un représentant de la sûreté nationale, de la gendarmerie, des travaux publics, de la commune et de la daïra, soit un nombre important de fonctionnaires qui consacrent toute une journée pour émettre des sanctions peu enclines à résoudre le problème de l’ »irresponsabilité routière ».

Au niveau d’une des Daïra de la capitale, on a pu constater, un jour de réception à la commission, que la majorité de ceux qui se sont fait retiré le permis ont continuité à conduire ! «Je risquais la prison, mais j’ai quand même conduit », a révélé l’un d’entre eux. Un autre a affirmé, preuve à l’appui, qu’il a conduit sans permis pendant six mois«Si je ne l’avais pas fait on m’aurait licencié de mon travail, je suis chauffeur», a-t-il assuré.

Les témoignages recueillis révèlent un grave dysfonctionnement du système. Les conducteurs risquent la prison et mettent la vie d’autrui en danger, car la plupart d’entre eux prennent la fuite quand ils sont responsables d’un accident.

Massi M.