Diplomatie algérienne/ Virage à 180° en vue

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En Arabie saoudite, Abdelmalek Sellal a, selon toute vraisemblance, fait faire à la diplomatie algérienne un virage à 180°. Les déclarations du Premier ministre laissent entendre que l’Algérie s’apprête à abandonner les valeurs fondatrices de sa politique étrangère, au premier desquelles le sacro-saint principe de non-ingérence dans les affaires des Etats tiers.

La visite officielle effectuée par le Premier ministre en Arabie saoudite les 15 et 16 novembre en cours avait pour but de préparer la prochaine réunion de l’Opep le 25 novembre à Vienne, mais aussi de détendre des relations entre les deux pays fortement impactées par l’ »entêtement » d’Alger à respecter le principe de non-ingérence surtout concernant le conflit au Yémen.

Il faut dire que l’appui de l’Algérie est devenu, après la brouille entre Riyadh et Le Caire, un enjeu majeur pour la politique étrangère saoudienne. Un soutien de l’Algérie est de nature à garantir apport précieux d’un pays dont la méthode de médiation est reconnue. Ainsi, en cas de conflit majeur avec l’Iran, l’Arabie Saoudite pourrait compter sur un « nouvel allié » pour désamorcer la situation.

Les tractations entre Alger et Riyad ont commencé, fin octobre dernier, lors que les deux ministres de la Défense saoudien, Abderrahmane Ben Salah Al-Baniane, et qatari, Ghanem Ben Chahin al-Ghanem, ont exercé un véritable forcing pour convaincre Alger, par le truchement du vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd-Salah, de prendre part à une force d’interposition au Yémen, menée par les Saoudiens. Diverses sources avaient fait état, à ce moment-là, d’un refus catégorique de l’Algérie de prendre part à ce type d’opérations. Mais il faut croire que les déclarations faites, hier, par Abdelmalek Sellal, prennent le contre-pied de cette affirmation.

Les propos du chef de l’exécutif, affirmant la disposition de l’Algérie et des Algériens à défendre La Mecque, constituent un signal fort envoyé à ses homologues saoudiens signifiant que le gouvernement algérien est prêt à apporter un appui effectif à Riyad dans le conflit yéménite, foulant ainsi du pied un principe cher à la diplomatie algérienne, celui de la non-ingérence dans les affaires des Etats tiers.

Le gouvernement, incapable de faire face sérieusement à la crise économique qui frappe de plus en plus fort à nos portes, semble, ainsi, opter pour un mercantilisme dénué d’éthique. Appâtés par les dix milliards d’investissement proposés par les Saoudiennes et tentés par un deal concernant le gel de la production de pétrole, les dirigeants algériens semblent n’avoir qu’un seul objectif : amasser par tous les moyens des fonds pour continuer à assurer la survie du régime. Quitte à vendre son âme au diable.

Massi M.