C’est l’ »Election Day » aujourd’hui aux États-Unis, un jour pas comme les autres, car l’élection présidentielle américaine en cette fin d’année 2016 est tout à fait typique. La campagne électorale qui a précédé cette échéance a été chargée de rebondissement. La candidate démocrate et son adversaire du camp des Républicains ont fait face à divers obstacles avant l’arrivée de cette date importante tant pour les Américains que pour les autres pays du monde. Mais concrètement, l’arrivée de l’un ou de l’autre aux commandes de la première puissance mondiale changera-t-elle quelque chose sur l’échiquier international?

Le parcours politique des deux candidats et les maigres alternatives proposées par chacun d’eux à soulevé plusieurs interrogations. Aux « States », on s’est demandé, tout au long de la campagne électorale, laquelle de ces deux alternatives offre de meilleures perspectives pour le peuple américain, connu pour son désintérêt de la politique étrangère et les relations internationales, alors qu’à l’extérieur, notamment en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, on s’est plus préoccupé des orientations futures de la politique étrangère américaine.

C’est le top départ de cette élection. L’évènement est scruté et analysé sous tous les angles dans toutes les rédactions du monde.. Pour cause, une campagne électorale houleuse où les deux candidats se sont vus entachés par des affaires scabreuses. En tout cas, la presse américaine et internationale a été unanime à qualifier cette campagne électorale de catastrophique. «Adieu et bon débarras la campagne 2016, ou l’élection qui a mis un x à “affreux”. De loin», pouvait-on lire en manchette sur l’une de publications de  l’agence « Associated Press ». Un constat amer qui permet d’apprécier un tant soit peu l’énormité de la supercherie. Deux candidats au parcours opaque assumant pleinement les déviances de leurs discours et de leurs parcours, sujet de tous les doutes.

Dès mars 2016, comme l’a relevé Jean-Marie Pottier,  du journal électronique Slate.fr, «l’ancien stratège d’Obama David Axelrod pressentait une campagne «horriblement négative». Pour sa part, le quotidien américain The Atlantic s’est interrogé : «Qu’est-ce qui pourrait être pire, pour un système politique brinquebalant et cancéreux, qu’un duel entre Hillary Clinton et Donald Trump? Entre les scandales rocambolesques de Mme Clinton, notamment concernant l’affaire des révélations de ses correspondances diplomatiques et celle des mails, et les propos ahurissants de Trump, les Américains se trouvent dans une impasse !».

Et pourtant ! Les Américains se sont rués pour voter lors du scrutin anticipé. Ainsi, ce sont plus de 46 millions d’électeurs qui ont voté de manière anticipée, ce qui constitue un nouveau record pour les États-Unis. Shane Kimbrough, un astronaute américain se trouvant actuellement à bord de la station spatiale internationale a lui aussi voté comme pour dire que les Américains sont attachés aux principes démocratiques, quelles que soient les alternatives qui s’offrent à eux.

Cependant, si on s’éloigne des commentaires médiatiques et qu’on se penche sur la réalité du terrain, on constatera que la candidate démocrate semble se diriger vers une victoire assez confortable. Même si l’écart n’est que de 2,9 % entre elle et son adversaire républicain,  les estimations de l’institut de sondages, Real Clear Politics, donne Mme Clinton  pour favorite. Pour les Républicains, cela reste un sondage. Dans le camp de Trump, on compte énormément sur les votes des 7% d’indécis et ceux des électeurs qui n’ont pas osé se déclarer publiquement dans les sondages en faveur de Trump. Cela dit, la tâche semble ardue pour le candidat républicain qui devra cumuler 75 % des votes des indécis pour espérer gagner.

« Corrupt hillary », comme se plait à l’appeler Donald Trump, rencontrera elle aussi un défi de taille : celui de conquérir les 18-29 ans. Durant les primaires démocrates,  Mme Clinton s’est fait battre par son adversaire qui a raflé la quasi-totalité des votes de cette frange.

Que ce soit Clinton ou Trump qui sort victorieux de ce duel, l’important pour le reste du monde est de savoir quels seront les futures orientations de la politique étrangère américaine dans un cadre marqué par l’apparition de plusieurs théâtres de conflit après les révoltes infructueuses de 2011 dans le monde arabe.

Pour le politologue et spécialiste des relations internationales, Philip Golub, la politique étrangère et les relations internationales sont des concepts totalement étrangers au peuple américain qui n’est pas habitué à ce genre de sujets dans les campagnes électorales américaines. Pour lui, ces questions sont tout à fait secondaires. L’expert américain explique également que les dès sont jetés depuis longtemps concernant la doctrine  américaine. De son avis, la politique étrangère américaine se base sur des principes durables et des institutions n’ayant guerre besoin d’homme providentiel pour la mener dans la continuité.

Se penchant sur le cas Trump, l’universitaire américain a  affirmé que le discours du candidat républicain est ambigu. Cela est dû, selon lui, au manque de compétence et d’un esprit profane concernant les questions internationales. Cela dit, Trump s’est prononcé sur un certain nombre de sujets qui relèvent plus des déclarations de principe que de stratégie à proprement parler. Comme tous les candidats à la Maison-Blanche, Trump a réitéré son soutien indéfectible pour tout ce qui a trait à Israël et sa politique, sans pour autant définir son approche concernant le conflit israélo-palestinien. Le candidat républicain a également appelé les Européens à plus d’engagement en ce qui concerne le financement de l’OTAN, tout en mettant en exergue la nécessité d’assurer leur propre sécurité. Il a également appelé à moins d’interventionnisme : «Nos enfants ne devraient plus mourir dans des guerres qui ne nous concernent pas», a-t-il récemment dit.

De son côté, Hillary Clinton, développe une politique étrangère classique basée essentiellement sur l’hégémonie américaine et la nécessité d’une Amérique omnipotente. L’avènement de Mme Clinton augure une politique plus agressive que celle d’Obama et ce, tout en conservant une certaine continuité avec la tradition de la politique étrangère américaine.

Massi M.