Notre sélection nationale de Football souffre et va mal. Elle frôle quasiment l’élimination dans la course pour la qualification à la Coupe du Monde 2018. Un match nul et une lourde défaite au Nigeria. Les résultats sont catastrophiques et les supporters algériens sont sous le choc. Et pourtant, l’Algérie était considérée comme le favori de son groupe avec son statut de meilleure équipe nationale en Afrique. 

Que s’est-il donc passé pour que notre sélection nationale tombe de si haut ? Le magazine spécialisé France Football nous offre un décryptage intéressant qui revient sur tous les problèmes qui minent l’effectif de notre équipe nationale. Un éclairage précieux qui nous éclaire la lanterne sur la dangereuse crise qui ébranle actuellement les Fennecs. A lire :

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« L’anecdote est savoureuse. Quand Vahid Halilhodzic arrive à la tête de la sélection algérienne en 2011, il procède à une vaste revue d’effectif à Marcoussis où il rencontre un groupe complètement à la ramasse après une débâcle à Marrakech face au Maroc. Le Bosnien a déjà bûché et sait déjà tout… En pleine séance de psychothérapie collective, il s’adresse à l’actuel bastiais Mehdi Mostefa : «J’ai vu ton match contre le Maroc, j’ai vu que tu as pris un petit pont sur l’un des buts, la prochaine fois, je t’envoie en prison.»

Trois ans plus tard, le milieu défensif est titulaire en huitièmes de finale du Mondial contre l’Allemagne, où il contribue largement à faire déjouer les futurs champions du monde allemands. «Je ne reconnais plus l’Algérie. Après le Mondial, elle avait une âme et des certitudes sur le plan technique et collectif», constate amèrement Nourredine Kourichi, l’ancien adjoint de Vahid Halilhodzic.

Rajevac : l’erreur de casting

Les malentendus ont commencé dès le lendemain du Mondial 2014 et la nomination de Christian Gourcuff. Plus que ses relations délétères avec une partie de la presse, le Breton a préféré quitter la sélection parce qu’il était impossible de travailler comme on lui a promis. Il s’est vite retrouvé confronté aux archaïsmes du football algérien, avec notamment un DTN d’un autre temps. «Quand j’y suis allé, c’était pour m’occuper de l’équipe nationale qui était la priorité, explique Gourcuff. Mais aussi pour impulser une politique technique globale pour aider au développement du football algérien.»

Vite confronté aux démons affairistes du football local, le volet de la formation est passé aux calendes grecques. Ecœuré par le contexte, malgré un attachement profond au groupe de joueurs -le meilleur de sa carrière- Gourcuff est parti… au pire moment. Juste au moment des éliminatoires du Mondial 2018, alors que sa patte commençait à réellement prendre sur le jeu de la sélection.

S’il avait porté le Ghana lors du Mondial 2010, Rajevac a eu plus de mal avec l’Algérie. (L’Equipe)
Toujours accompagné de son traducteur, Rajevac ne parle ni français, ni arabe et pas vraiment anglais. Pire encore, c’est un choc culturel…

Auteur d’un travail remarquable à la tête de la Fédé algérienne où il a réussi à qualifier le pays à deux reprises à une Coupe du monde après vingt-quatre ans d’absence, le président Mohamed Raouraoua gère mal l’après-Gourcuff. Un peu plus tôt, il ne sent pas le coup, et laisse filer Hervé Renard au Maroc. Le boss de la FAF se plante magistralement en sortant Milovan Rajevac du formol. Une erreur de casting taille XXL. Parmi les écueils : la difficulté du Serbe à communiquer avec ses ouailles. Toujours accompagné de son traducteur, il ne parle ni français, ni arabe et pas vraiment anglais. C’est un choc culturel… Les joueurs hallucinent sur les méthodes.

«Je n’ai jamais vu ça de ma carrière. C’est une personne gentille, mais complètement à l’ouest. Le changement a été sidéral entre les deux coaches», nous confie-t-on au sein de la sélection. Pourtant, au départ, l’idée ne paraissait pas si saugrenue. Rajevac a mené le Ghana en quarts de finale du Mondial 2010. Mais depuis, walou (rien en arabe dialectal)… Un coach au logiciel en jachère pendant cinq longues années. Les joueurs ont même un très mauvais pressentiment dès les premières séances… »