Les marchés pétroliers sont de plus en plus sceptiques quant à un éventuel accord entre les pays de l’OPEP, ce mercredi, à Vienne. L’entêtement d’Alger à mettre tout le monde sur la même longueur d’onde non seulement pour un gel, mais pour une réduction de la production, se trouve à l’épreuve de la versatilité légendaire de l’Arabie saoudite.  

Le prix du baril a connu une baisse substantielle depuis vendredi. Tous les observateurs s’accordent à dire que cette chute est essentiellement due à un sentiment de scepticismes quant à l’entérinement de l’accord d’Alger lors de la réunion des pays producteurs de pétrole, prévue ce 30 novembre, à Vienne.

La cause principale de ce scepticisme est l’Arabie Saoudite, suite aux déclarations de son ministre de l’Energie estimant que le marché pétrolier se rééquilibrera de toute façon l’an prochain, même sans l’entérinement de l’accord d’Alger. Selon lui, un maintien du niveau de production actuel est tout à fait justifiable en vue des données qu’il a en sa possession. «Je ne pense pas que nous n’ayons qu’un seul choix qui est de réduire la production et je crois que maintenir la production à son niveau actuel se justifie, si l’on prend en compte la reprise de la consommation et de la croissance dans les marchés en développement et aux États-Unis», a-t-il déclaré dimanche.

Cependant, les données rendues publiques par l’AIE traduisent une augmentation de la production enregistrée à 33,8 millions de barils jours mb/j actuellement, alors que les pays producteurs se sont mis d’accord, en juillet dernier, à Alger, sur un plafonnement de la production à 32.5- 33 mb/j. Ces chiffres démontrent clairement que les pays producteurs nourissent l’illusion de voir le prix de l’or noir se stabiliser autour de 50-60 dollars sans que cela n’affecte leurs parts de marché.

Le dernier facteur qui augure d’un éventuel ratage des négociations de mercredi, reste tout de même l’entêtement d’Alger à imposer son approche visant à réduire la production de près de 700 000 barils/jour. Cela sera très ardu à concrétiser eu égard aux déclarations du ministre de l’Energie saoudien qui refuse de discuter avec les pays non OPEP à la tête desquels la Russie. Réponse du berger à la bergère, la Russie n’envisage pas de réduction de production.

Massi M.

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