Publicité sur Google et Facebook payée en devises/ La réponse d’Algérie-Focus à Mobilis

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L’opérateur de téléphonie mobile Mobilis a fait parvenir à la Rédaction d’Algérie-Focus une mise au point dans laquelle il dénonce des “informations fausses et des accusations infondées” suite à la publication de notre article intitulé : “Paiement en devises de prestations de services à l’étranger/Les pratiques douteuses de Mobilis”. 

L’opérateur public crie au scandale et se présente en victime en tentant de nous faire passer pour ses bourreaux. Ce qui relève de la pure malhonnêteté intellectuelle. Dans notre article qui pointe du doigts les dépenses en devises de Mobilis sur les plateformes publicitaires de Google et Facebook, nous avons appelé en bonne et due forme la direction de communication relevant de la direction générale de cet opérateur public. Nous lui avons donné la parole pour qu’elle nous explique comment des devises de l’Algérie renflouent les caisses des multinationales américaines du web alors que celles-ci ne reversent pas le moindre centime pour le fisc algérien.

“La Banque d’Algérie a-t-elle accordé la moindre autorisation à Mobilis pour financer cette opération publicitaire ? Contactée par nos soins, la direction de communication de l’opérateur de téléphonie mobile à révélé à Algérie-Focus que Mobilis dispose bel et bien de cette dérogation accordée par la Banque d’Algérie”. Cet extrait de notre article démontre clairement que nous avons donné la parole aux managers de Mobilis qui ont rapporté leur version des faits comme le dicte la déontologie journalistique. Nous n’avons aucunement affirmé que Mobilis a transféré des devises illégalement vers l’étranger pour payer Google et Facebook. En revanche, nous n’avons reçu aucune réponse lorsque nous avons posé cette question à nos interlocuteurs de Mobilis : “Mais comment l’opérateur public a-t-il fait pour payer en devises les prestataires étrangers ?”

Nous avons, pourtant, relancé nos interlocuteurs pour leur réclamer davantage de transparence sur cette question étant donné que le cadre réglementaire de notre pays est très strict à ce sujet. Malheureusement, aucune de nos sollicitations n’a trouvé une oreille attentive à la direction générale de Mobilis. Celle-ci se contente d’affirmer qu’elle a respecté la législation en vigueur. Une législation qui a rapidement changé à la suite de notre article puisque une nouvelle circulation signée par le Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, demande explicitement aux  “opérateurs nationaux” de ne pas procéder “à l’insertion d’annonces publicitaires facturées en devises”. Le gouvernement avait magistralement compris que les pratiques comme celles de Mobilis incarnent une “menace pour les créateurs de contenus en Algérie”. Dans sa mise au point, la direction générale de Mobilis ne fait aucune mention de cette nouvelle injonction du gouvernement. Pis encore, elle se déresponsabilise complètement dans ce dossier en expliquant qu’elle sponsorise quelques événements à travers le pays pour soutenir les startups algériennes. Des événements qui se comptent sur les doigts d’une main puisque Mobilis ne cite que deux initiatives mineures dans sa mise au point.

Cela démontre que l’opérateur public, contrairement à plusieurs autres opérateurs et investisseurs étrangers, se désintéresse entièrement du contenu local algérien. Alors que dans d’autres pays, les leaders de la téléphonie mobile reversent des sommes onéreuses pour développer l’éco-système numérique des pays où ils investissent et engrangent des bénéfices, Mobilis préfère miser sur le football, ce sport de masse qui ne rapporte aucun point à la croissance de notre économie, puisque près de 20 millions d’euros sont accordés à la Fédération Algérienne de Football (FAF). Quant au développement des applications mobiles, des solutions web ou des plateformes numériques à forte valeur ajoutée, Mobilis brille par son absence intrigante. Et pourtant, ce sont bel et bien les consommateurs algériens qui font gagner de l’argent à cet opérateur public. Les employés de Facebook ou Google ignorent l’existence même de cet opérateur qui relègue au second plan le développement du contenu Algérien.