Le dictionnaire médical définit le diabète comme étant une maladie se caractérisant par la destruction sélective des cellules produisant l’insuline, une hormone permettant de diminuer le taux de sucre sanguin en cas d’apport sucré. C’est une maladie chronique, c’est à dire qu’on peut contrôler mais pas guérir…pour l’instant. Elle affecte des centaines de millions de personnes dans le monde. Autant dire que le laboratoire qui mettra au point le traitement tant espéré gagnera, en plus d’une fortune colossale, la reconnaissance de la terre entière et pourquoi pas la…miséricorde de Dieu

Un géant de la pharmacie mondialement connu consacre 80 milliards de dollars à la recherche médicale relative au diabète. Je pense qu’il serait ravi d’offrir un pont d’or au Docteur Toufik Zaibet notre génie national nous dit-on, pour mettre la main sur la molécule qu’il vient de mettre sur le marché algérien. Il s’agit d’un médicament miracle pour soigner le diabète. Car jusqu’à présent tous les chercheurs du monde entier ont échoué. A peine sont-ils arrivés après des décennies,  à mettre au point un complément alimentaire destiné à favoriser la régénération des cellules produisant l’insuline. Ce complément expérimenté chez la souris n’est pas encore validé chez l’homme. Faut-il en conclure qu’ils sont très en retard par rapport à nous ? Jusque-là, oui.

L’Algérie – championne du monde et d’Afrique du Nord – grâce à ses équipes de recherche que le monde entier nous envie, et qui travaillent sous la houlette du Professeur Toufik Zaibet, vient de mettre au point un médicament tellement miraculeux qu’il a été dispensé de passer par  les tests et les expérimentations imposées par l’Organisation Mondiale de la Santé. Pour rappel, on met environ une vingtaine d’années à commercialiser un médicament parce qu’il faut une expérimentation très longue et très coûteuse et surtout beaucoup de recul pour identifier les effets secondaires.

Comme dans toutes les entreprises très pointues, notre médicament, appelé pour l’occasion Miséricorde divine ( Rahmate Rabbi ) a été élaboré dans le plus grand secret car on ne se méfie jamais assez de l’espionnage industriel, et le docteur a bien raison. On a dû certainement respecter toutes ces obligations et le médicament a dû certainement obtenir toutes les autorisations de nos Autorités médicales. Du moins nous le supposons car l’Algérie ne peut échapper à une réglementation internationale aussi importante compte-tenu du risque de mise en danger de la santé des populations.

Mais comme nous ne sommes pas dans la confidence et que notre devoir est d’apporter à nos lecteurs le plus d’éclaircissements possibles, il nous paraît essentiel de poser plusieurs questions :

1° Ce médicament a-t-il respecté la réglementation internationale en matière de santé ?

2° A-t-il été testé sur des souris ou des animaux de laboratoire ?

3° Dans ce cas, les résultats ont-ils été publiés dans les revues médicales spécialisées et quel en a été l’impact ?

4° Combien d’années de recul depuis les premiers tests ?

5° A-t-il obtenu les autorisations de commercialisation et quand ?

6° Etc…

Il y aurait d’autres questions à poser mais restons – en là.

La situation actuelle est très grave si on tient compte des informations rapportées par les médias et qui font état du nombre de plus en plus grand des malades ayant décidé de remplacer leur traitement habituel par la « Miséricorde divine ». Certes depuis l’hospitalisation d’un certain nombre de malades victimes de cette escroquerie on s’est empressé de préciser que « Rahmate Rabbi », n’est pas un médicament à proprement parler mais un complément alimentaire ; ce qui signifie tout à fait autre chose.

Il y aurait bien matière à mourir de rire dans cette histoire de Clochemerle. On ne sait pas qui est qui, ni qui fait quoi. On imagine une espèce de professeur Nimbus, perdu parmi ses fioles dans un laboratoire plein de tubes transparents multicolores, avec de la vapeur qui fuit de partout, des tourniquets, des manèges, des lutins qui courent dans tous les sens…bref un véritable dessin animé. Et à la fin, en apothéose, le médicament miracle qui soigne le diabète avec la miséricorde de Dieu.

Soyons sérieux ! On ne joue pas avec la santé de la population. Un médicament est un médicament. Et un complément alimentaire est un complément alimentaire. Ce sont deux catégories bien distinctes qui obéissent à des réglementations distinctes et précises. A lire la presse et à suivre les médias, on conclue que personne n’est responsable et que tout le monde est responsable. Et comme il s’agit de santé publique, la justice doit être des plus sévères. Elle doit vérifier si toutes les étapes habituelles dans l’élaboration du médicament ont été respectées et si tel n’est pas le cas, la punition doit être exemplaire.

Aziz Benyahia

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