Les élections législatives d’avril prochain vont probablement redessiner la carte politique du pays, même si c’est de manière factice. Des partis de l’”opposition” vont certainement  se retrouver dans le prochain gouvernement qui sera toujours dominé par le duo FLN-RND.

Certaines formations politiques, qui ont affiché ces derniers mois une certaine «opposition» au pouvoir, n’hésitent pas à frapper aux portes du gouvernement. C’est le cas notamment de certaines formations islamistes. En effet, après Aboudjerra Soltani, l’ancien président du MSP, c’était au tour de Filali Ghouini, fraîchement intronisé président d’El Islah, de rencontrer le secrétaire général du FLN, Djamel Oul-Abbès.

Il est vrai qu’officiellement cette entrevue a notamment porté sur l’initiative du FLN de créer «un consensus» national et de «former un front intérieur». Mais le fait que ces rencontres concernent essentiellement les formations islamistes a une autre signification : en dehors d’Abdellah Djaballah qui a toujours observé une distance vis-à-vis du pouvoir, les autres partis de cette mouvance ont toujours tenté de pratiquer la politique de l’entrisme qui leur permet de garder un pied dans le pouvoir et un autre dans l’opposition.

Étrangement, ces partis font tous partie de la CLTD (Coordination pour les libertés et une transition démocratique) qui a pourtant inscrit son action en dehors de l’agenda du pouvoir. Mais il faut croire que la donne commence à s’inverser.

Il est vrai que dans cette configuration, le MSP fait figure d’exception. Le parti que préside Abderrezak Makri est un habitué des gouvernements successifs depuis 1997. La tradition a été rompue par Abderrezak Makri qui avait préféré s’inscrire, dès 2012, dans l’opposition. Mais des clans au sein du MSP souhaitent, aujourd’hui, revenir aux affaires.

C’est le sens de la démarche de l’ancien président Abdoudjerra Soltani qui ne rate pas une occasion de rappeler que la place de ce parti est dans le gouvernement pas ailleurs. Il l’a d’ailleurs rappelé cette semaine, dans une interview accordée au journal El Khabar. Pour lui, « le seul corps électoral» qui existe dans le pays, «c’est l’armée ». Il a prédit même un mauvais classement du MSP lors des prochaines législatives, s’il demeure dans l’opposition. Tout un programme !

En dehors des partis islamistes, différentes sources assurent que même le FFS pourra intégrer un prochain gouvernement de «consensus national». Mais des pans entiers des militants de ce parti s’y opposent. Un tabou sera-t-il cassé ?

Essaïd Wakli