Cela n’arrive pas que chez les autres. Des milliers emplois fictifs ont, en effet, été créés dans de nombreuses wilayas du pays et de manière… quasi-légale.

La direction de l’emploi de Tipasa a annoncé, hier, qu’elle a pris la décision de «licencier» 1850 personnes bénéficiant du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP) pour «escroquerie».  Il s’agit de jeunes embauchés dans ce cadre qui, dans les faits, ne se présentent jamais à leur travail tout en touchant, à la fin de chaque mois, cette mensualité de 15 000 dinars.

La direction de l’emploi de cette wilaya s’est rendu compte de la supercherie en effectuant des visites in situ, mais surtout en examinant de plus près leurs dossiers. Les principaux mis en cause sont les APC (25 d’entre elles sont impliquées) et la direction de la jeunesse et des sports. A titre d’exemple, une petite bibliothèque de la commune de Nadhor, dans lawilaya de Tipaza, emploie, sous ce type de contrats, 42 personnes, alors qu’il n’y en a qui travaillent effectivement.

Par ailleurs, trois maisons de jeunes de localités différentes sont constamment fermées alors qu’officiellement elles emploient 16 jeunes chacune.

Le licenciement de ces 1850 personnes a permis, indique la direction de l’emploi, d’économiser pas moins de 25 millions de dinars (2,5 milliards de centimes).

Ce phénomène sévit dans de nombreuses wilayas. Il faut dire que le recrutement «abusif» dans lecadre de ce dispositif a été «encouragé» par l’administration centrale, au temps de l’aisance financière par souci de maintien de la paix social. Aujourd’hui, austérité oblige, les responsables découvrent que des milliers de personnes perçoivent des salaires en restant chez elles.

Elyas Nour