Plusieurs députés ont souligné, hier lundi, à l’occasion du débat sur le projet de loi sur le règlement budgétaire de 2014, l’urgence de mettre en place, au niveau de la chambre basse du parlement, des mécanismes de contrôle chargés de la gestion des fonds publics. S’appuyant sur des irrégularités de dépenses relevées par la Cour des comptes, les députés ont livré plusieurs exemples qui frôlent l’indécence.   

La séance de débat a été ouverte par le député indépendant Tahar Missoum, plus connu sous le sobriquet de “spécifique”, qui a insisté, tout au long de son intervention, sur la nécessité de munir la chambre basse du parlement d’un mécanisme de contrôle efficient, à même de surveiller et surtout de demander des comptes au gouvernement pour tout ce qui a trait à l’exécution des budgets alloués aux ministères.

Ainsi selon Tahar Missoum, les hauts responsables de l’État se permettent d’acheter des costumes de grandes marques atteignant les 25 millions de centimes en plus des courses quotidiennes faites de produits de luxe qui se chiffrent à plusieurs millions de centimes. Pour M. Missoum, c’est le budget de l’État et par extension l’argent du peuple qui est utilisé pour satisfaire les caprices des responsables.

Dans la même optique, le député du Front de la justice et du développement (FJD), Mohamed Seghir Mammani, s’est interrogé sur les dépenses surréalistes des services du ministère du Commerce dans le cadre du budget d’entretien. Selon lui, le ministre a acquis des stores de bureau facturés à 139 millions de centimes, ce qui est à son sens tout à fait inconcevable. Dans le volet des dépenses quotidiennes, le ministre du Commerce a dépensé 18 millions de centimes en 2014, pour se restaurer et 3,8 millions de centimes pour l’achat de fleurs. Le même député a également rappelé que le ministère du Commerce a déboursé 12 millions de centimes pour l’achat de journaux et magazines pour le compte de 88 responsables, ce qui fait une moyenne de 1596 articles achetés annuellement.

Pour ça part, le député Nasser Hamdadouche a déploré l’absence de mécanismes de contrôle en cette conjoncture de crise. Pour lui, il est parfaitement inadmissible que le gouvernement continue de débourser ce qui avoisine les 80 milliards de dinars pour la restauration et l’achat de vêtement.

Massi M.