Contrairement au gouvernement qui cherche constamment à éluder la réalité, la Banque d’Algérie est plus alarmiste concernant la situation économique du pays.

Lors d’une intervention devant les députés, le gouverneur de la banque d’Algérie a reconnu que la situation économique du pays était «fragile» durant l’année 2016. Présentant le bilan de la situation économique et financière du  pays à fin septembre 2016 devant l’Assemblée Populaire Nationale (APN), Mohamed Loukal a relevé «la fragilité de la situation économique et financière de l’Algérie durant l’année 2015 et les neuf premiers mois de 2016». Selon le même responsable, cette conjoncture est due «à une faible relance économique, une poursuite du ralentissement de la croissance du commerce international, une chute drastique des prix des matières premières, notamment ceux du pétrole, et une forte évolution des cours de change internationaux dans le sillage de la hausse de la valeur du dollar américain face à l’euro».

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Selon Mohamed Loukal, le déficit budgétaire et le compte courant extérieur «se sont fortement creusés entraînant une érosion quasi totale des  ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR) et une baisse sensible des réserves de change». Il a ajouté que «l’activité économique a conservé la même cadence par rapport à l’année dernière soutenue principalement par le maintien à un niveau élevé des dépenses publiques».

Ce constat tranche avec le discours du gouvernement qui assure toujours que la situation économique du pays est « maitrisée ». Même si, il est vrai, les autorités commencent ces derniers temps à reconnaître que «la situation est difficile».

Ce discours de vérité du gouverneur de la Banque d’Algérie a toujours été tenu par l’ancien responsable de cette institution, Mohamed Laksaci. Même si dans le cas de Loukal, le discours est truffé d’euphémismes pour ne pas fâcher le gouvernement.

Essaïd Wakli