Deux députés français, Guy Teissier (Les Républicains) et Jean Glavany (Parti Socialiste), ont provoqué une polémique avec les trois pays du Maghreb en évoquant, mercredi dernier, l’état de santé de leurs dirigeants lors de la présentation à l’assemblée nationale française de leur rapport d’information sur la coopération européenne avec les Etats du Maghreb. Les deux parlementaires avaient effectué une mission de six mois durant laquelle ils ont visité les pays en question.

«Je suis frappé à quel point tout tourne autour des hommes et de leur fragilité. En Tunisie, le pouvoir est exercé par Nida Tounes, et Gaid Essebsi, 89 ans, bientôt 90 ans. Fragilité extrême. En Algérie, concernant Bouteflika, Guy Teissier a dit ce qu’il fallait en dire. Et au Maroc, un roi courageux, un roi moderne, un roi visionnaire à certains égards, mais c’est un roi malade. Je ne suis pas porteur de secret médical mais tous le monde sait qu’il est atteint d’une maladie à évolution lente, qu’il est soigné à coup de Cortisone, et que lui aussi il représente, comme Essebsi et Bouteflika, des pouvoirs personnels qui sont d’une grande fragilité et sur lequel pèse beaucoup de points d’interrogation», a déclaré Jean Glavany rapporteur de la mission.

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Guy Teissier lui a rappelé que Bouteflika a été atteint, en 2013, par un AVC qui a affecté sa mobilité et son élocution. Ce député a également évoqué la «difficulté» pour les entrepreneurs français de «travailler en Algérie». «Dans ce pays, il y a un dysfonctionnement entre le gouvernement et le peuple : le peuple est en demande de France (sic) quand le gouvernement rejette la France et ne manque pas une occasion de vilipender notre pays», dira-t-il.

Le député socialiste s’est également exprimé sur la coopération sécuritaire. «Je vais donner un exemple auquel on a été confronté. Quand on parle avec les responsable de la sécurité français à propos du Sahel, notamment quand ils poursuivent des bandes de terroristes dans cette région et qui se réfugient derrière la frontière algérienne, il y a un problème de numéro de téléphone. Ils ont des contacts qu’ils essayent de joindre pour les avertir qu’il y a des terroristes qui sont passés, ça ne réponds pas. Il y a une coopération. Elle est meilleure que jamais mais encore très insuffisante», déclare  Jean Glavany.

En somme, les politiques français sont très inquiets de la situation des trois pays dont le sort est pratiquement lié à l’état de santé de leurs premiers dirigeants.

Elyas Nour