Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé jeudi la condamnation en appel d’Hassan Bouras à six mois de prison avec sursis. Emprisonné depuis fin novembre 2016, Hassan Bourras a été condamné mardi 17 janvier 2017 à six mois de prison avec sursis par la cour d’appel d’El Bayadh. Il était accusé sur la base du code pénal “d’outrage à magistrat, d’offense et de diffamation” pour l’interview de trois personnes dénonçant des faits de corruption dans la ville d’El Bayadh, dans le sud ouest de l’Algérie d’où il est originaire. Il a été libéré hier dans l’après-midi.

Cette condamnation est regrettable, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de Reporters sans frontières. Toutes les charges contre Hassan auraient dû être abandonnées. En prononçant ce type de peine, les autorités algériennes découragent tout journaliste ou lanceur d’alerte d’informer l’opinion publique de faits de corruption.”

Hassan Bouras a indiqué à RSF qu’il comptait demander à ses avocats qu’ils “se pourvoient en cassation de la dernière décision de la justice” avant de déclarer: “Je suis heureux d’être libre. Je vais me reposer à présent et traiter les problèmes de santé survenus pendant mon incarcération”.

Les journalistes algériens continuent de pâtir de l’application abusive du code pénal, utilisé systématiquement pour toute information diffusée qui critique le pouvoir en place. Les pratiques répressives de la justice restent contraires à la Constitution algérienne promulguée le 6 mars dernier et aux engagements internationaux de l’Algérie, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) comme l’a souligné le rapport de RSF publié sur l’Algérie (voir le rapport ici) en décembre dernier.

L’Algérie est 129ème sur 180 pays auClassement mondial de la liberté de la presse de RSF.