Histoire/ Des personnalités demandent aux candidats à la présidentielle française de reconnaitre les crimes coloniaux

0
245

Des historiens, sociologues et hommes politiques algériens et français ont signé, aujourd’hui, une pétition, initiée par l’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison, demandant à l’Etat français, notamment les candidats à la prochaine élection présidentielle, de reconnaître les crimes coloniaux commis par la France.

«Nous demandons aux plus hautes autorités de l’Etat et aux candidat(e)s à l’élection présidentielle qu’ils se prononcent pour la création d’un lieu du souvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces différents événements et la reconnaissance de ces crimes de guerre et de ces crimes d’Etat. C’est ainsi que justice sera rendue aux héritiers de l’immigration coloniale et post-coloniale, et que les discriminations mémorielles qui les affectent toujours pourront être combattues. Enfin, de tels actes permettront à tous les Français(e)s de mieux connaître cette histoire singulière», indique-t-on dans cette pétition signée jusque-là par une centaine de personnes, dont l’historien Gilbert Meynier, l’homme politique Olivier Besancenot, l’éditeur François Gèze, le député Noël Mamère, la sociologue Fatma Oussedik, mais aussi par le professeur El Korso Mohamed et Abdelhamid Salakdji, président de la Fondation du 8 mai 1945.

Les signataires ont particulièrement cité les massacres de Thiaroye au Sénégal (décembre 1944), ceux de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, le 8 mai 1945.  «Populations ‘indigènes’ soumises au travail forcé, dispositions racistes et d’exception – codes de l’indigénat, internement administratif, responsabilité collective, etc… –  imposées aux colonisés qui, dans leur écrasante majorité, n’étaient pas considérés comme des citoyens mais comme des ‘sujets français’ jusqu’à la libération, déportations, exécutions sommaires et massacres; autant de pratiques qui ont été constitutives de la construction et de la défense de l’empire colonial français. Les massacres de Thiaroye au Sénégal (décembre 1944), ceux de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie (8 mai 1945) et leurs dizaines de milliers de morts, en témoignent sinistrement», indique-t-on encore dans ce texte.

Les candidats français à la présidentielles s’engageront-ils à reconnaître ces crimes coloniaux ? Peu évident.

Elyas Nour