C’est un sujet tabou rarement abordé dans notre société. L’infertilité touche de nombreux couples algériens qui souffrent en silence. D’autres sont contraints de dépenser des centaines de milliers de Dinars pour suivre un traitement médical dans l’espoir d’avoir un enfant. 

L’infertilité, un problème sérieux auquel l’Algérie tente de répondre pour soulager les souffrances de ces couples en désespoir. Et l’unité spécialisée en aide à la Procréation médicalement assistée (PMA) relevant de l’Etablissement hospitalier universitaire (EHU) « 1er novembre » d’Oran, incarne parfaitement les efforts fournis par les autorités dans ce domaine.

Selon le chef de service gynécologie-obstétrique, le Pr Chafi Belkacem, la prise en charge de cas d’infertilité demeure très chère puisqu’elle coûte des centaines de milliers de Dinars. Cependant, le suivi au niveau de cette unité est gratuit, souligne le même spécialiste, ajoutant que la PMA de l’EHUO s’occupe de couples qui viennent de différentes wilayas du pays.  Cette unité, deuxième du genre au le plan national et mise en place en 2008, a commencé par une cinquantaine de couples par année et a continué à évoluer pour atteindre une moyenne de 300 couples les trois dernières années, a expliqué le même interlocuteur lors d’une entrevue avec l’agence de presse gouvernementale l’APS.

Le Pr Chafi a signalé un taux de réussite avec peu de moyens avoisinant celui enregistré dans des unités PMA européennes, dotées de beaucoup plus de moyens. Le taux de réussite dans ces pays est de 30%, a-t-il noté, se félicitant d’atteindre dans son unité un taux de 25% avec « les moyens de bord ». Une bonne partie des cas, soit 15%, n’arrive pas jusque à la procréation médicalement assistée. Les examens et les analyses permettent de définir les causes de l’infertilité: infection, anémie, anomalies dans le spermogramme, insuffisances cardiaques et autres, a-t-il énuméré.

D’après le même spécialiste, en Algérie, beaucoup de cas d’infertilité sont dus à une disharmonie sexuelle, à savoir  une incompréhension dans la relation intime entre les deux partenaires sexuels.  Ce qui conduit à des conflits et la perturbation des relations interpersonnelles entre la femme et l’homme. Pour parer à cette situation, le couple est dans ce cas pris en charge par les psychologues de l’unité d’Oran qui l’aident à dénouer le blocage pour avoir des relations physiques plus épanouies et plus fréquentes et pouvoir procréer naturellement.

Le Pr Chafi Belkacem conseille enfin les couples qui veulent avoir des enfants de ne pas patienter longtemps avant de demander l’avis d’un spécialiste, faisant remarquer que beaucoup de couples ont tendance à penser qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter avant deux ans de vie conjugale sans enfant. Pr Chafi estime qu’il est préférable de se rapprocher d’un spécialiste après six mois seulement de vie conjugale, avec des rapports sexuels réguliers, soulignant que deux ans peuvent anéantir les chances d’avoir des enfants pour une femme de 40 ans par exemple.