Contrairement aux slogans sur l’Etat civil, brandis par Amar Saadani et autres porte-voix du pouvoir, les officiers des services de renseignements n’ont pas quitté les établissements publics et institutions officielles.

Selon le quotidien El Khabar, c’est le chef de l’Etat en personne qui a signé une décision portant sur le «retour» de ces “vigiles” chargés de surveiller ministres, directeurs de sociétés publiques et autres hauts responsables de l’Etat. Cette décision est intervenue dans le sillage de la décision de remettre la qualité d’officier de police judiciaire aux officiers de la sécurité de l’armée, un grade qui leur permet de présenter des prévenus à la justice.

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Selon d’autres sources, ces officiers des services de renseignements n’ont pas vraiment quitté les ministères et établissements publics. La direction qui les gère au sein de l’ancien Département de renseignement et de la sécurité (DRS) a été «gelée» pendant la période ayant suivi le limogeage du général Toufik, en septembre 2015. Des témoins racontent d’ailleurs avoir vu les occupants des bureaux «renseignement», qui se trouvent à proximité des cabinets des hauts responsables, prendre leurs fonctions le plus normalement du monde.

En plus des ministères, des sièges de wilayas et de grandes daïras ainsi que les entreprises publiques sont également «dotées» de «vigiles» chargés de guetter tout mouvement à l’intérieur de leur établissement. Ces officiers rédigent, chaque jour, un rapport détaillé sur l’institution et les responsables qu’ils surveillent. Les documents montent jusqu’à la présidence de la République lorsqu’il s’agit d’un ministre ou d’un wali, par exemple.

Essaïd Wakli