L’ex-ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, M. Bernard Kouchner, a estimé que les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête de l’État français depuis les années 60, n’ont pas eu le courage de reconnaître les crimes commis en Algérie durant l’ère coloniale.   

«Il y a bien eu des crimes horribles en Algérie  durant la colonisation, des crimes qui doivent être reconnus, parce qu’il y a des faits et des événements qui ne peuvent être démentis», rapporte El-Khabar citant Al-Quds Al Arabi.

Malgré une reconnaissance du caractère incontestable de certains faits historiques, le cofondateur de Médecins sans frontières  a cependant, refusé de parler de «crime contre l’humanité». Pour lui, le candidat aux élections présidentielles en France, Emmanuel Macron, n’a pas su choisir les mots qu’il fallait, car parler de crime contre l’humanité s’apparente plus à une stratégie électorale qu’à un acte de reconnaissance. Dans le même sillage, M. Kouchner a affirmé que de telles déclarations ne régleront pas le problème, mais que les propos de M. Macron ne l’empêcheront pas de voter pour lui.

Toujours concernant la question de la mémoire, M. Kouchner considère que la responsabilité est partagée entre la France et le régime algérien dans la mesure où ce dernier «n’a jamais œuvré à clore ce dossier pour ouvrir une nouvelle page de leur histoire commune».

«Les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas eu le courage nécessaire pour reconnaître ces crimes. Et si elle l’avait fait, cela aurait participé à l’amélioration des relations entre les deux pays », a-t-il ajouté.

Massi M.