Monsieur Christian Estrosi, Président de la région PACA, vient de demander à son Premier ministre monsieur Bernard Caseneuve, « d’intervenir » auprès de l’Algérie afin qu’elle lui achète des pommes. Il veut éviter la faillite des producteurs du midi de la France. Il a bien raison mais cela reste un problème franco-français ; l’Algérie n’étant en l’occurrence à leurs yeux, que le client idéal, qui vend son pétrole pour acheter des pommes. Pourvu que ça dure, pardi !

 

Ce genre de démarche relève par nature de la compétence du Président de région qui, grâce à ses réseaux, à son entregent, aux bonnes relations qu’il maintient entre sa région et les autres partenaires, particulièrement ceux du sud comme l’Algérie, au tissu dense des relations entre les P.M.E des deux pays, arrive à maintenir une dynamique économique et culturelle au service des habitants de la région et de leurs enfants. Cela fait partie des avantages de la décentralisation notamment en matière de liberté d’action et d’autonomie ; et cela confère au président de région un pouvoir réel qui le dispense des contraintes administratives et du recours en haut-lieu.

 

Or, avec monsieur Estrosi, on est loin de ce tableau idyllique puisque, non seulement il ne cache plus sa haine des immigrés ( entendez les Algériens ), mais il le proclame haut et fort, urbi et orbi, sans mâcher ses mots avec une sincérité confondante ; tant l’électorat actif chez lui est traversé par une véritable surenchère dans l’électorat de Droite.

 

Et c’est là que l’on découvre que la démarche de monsieur Christian Estrosi sent un peu le roussi. Il ne peut à l’instar de ses collègues des autres régions prendre son bâton de pèlerin et partir avec les représentants de la filière pommes à la rencontre des partenaires algériens. Pourquoi ? Parce qu’il sait qu’il ne peut plus cacher la haine et le mépris qu’il éprouve à l’égard des musulmans dans leur ensemble, des Arabes en général et des Algériens en particulier.

 

C’est son droit. Il est maître de ses détestations et de sa haine comme il est maître de ses passions et de ses amours.

 

Qu’il soit le premier édile français à distribuer aux colons israéliens l’argent de ses contribuables – y compris celui des travailleurs algériens bien sûr –  pour les aider à continuer à coloniser, c’est son problème.

 

Qu’il désigne tous les jours les immigrés magrébins comme la source de tous les maux de la société française, c’est son obsession à lui.

 

Qu’il refuse à ses administrés musulmans la construction d’un lieu de culte, pourtant obtenu de longue lutte après de longues années d’obstacles administratifs, c’est un problème entre sa conscience et lui.

 

Qu’il ait été élu à la tête de la région de France qui donne le plus grand nombre de voix au Front National, où on continue de façon obsessionnelle et cyclique à crier « Algérie française », c’est la preuve qu’il a mérité les suffrages de ceux dont il partage les valeurs et l’entretien de la haine et de l’esprit de vengeance vis à vis des Algériens.

 

Alors, il y a comme une anomalie à nous insulter tous les matins et à nous « sommer » d’acheter ses pommes.

 

Qu’il continue à prendre la tête du combat contre les musulmans et l’immigration et à raviver la haine à l’encontre de l’Algérie, c’est son choix et grand bien lui fasse puisque c’est payant, apparemment.

 

Que malgré toutes ces turpitudes, il ose faire pression sur son premier ministre pour politiser une question de négoce entre producteurs et consommateurs de pommes, cela donne une idée de sa lâcheté. En cherchant à politiser des difficultés commerciales dues aussi aux relations exécrables qu’il entretient avec son partenaire algérien, il dévoile son incapacité à assumer son rôle de pompier-pyromane.

On ne peut effectivement, penser et dire pis que pendre des Algériens et leur demander de lui acheter ses pommes pour calmer la colère des producteurs des Alpes, devant son incapacité à entretenir des relations normales avec un voisin utile, pour le coup. Ceci pour lui répondre en s’appuyant sur des arguments factuels.

 

Reste que l’Algérie lui a donné à l’occasion une réponse claire, élégante et dénuée de toute considération autre que purement économique.

 

La production de pommes a été bonne cette année en Algérie. Les difficultés financières dues à la chute des cours du brut rendent nécessaires des recadrages en matière d’importation et si l’Algérie a choisi d’autres priorités que l’importation de pommes du midi, elle ne l’a pas fait en représailles contre les producteurs français qu’elle différencie nettement de leur président de région, mais pour des raisons de contingences économiques, facilement compréhensibles.

 

Qu’on ne se méprenne pas. Cette histoire est franco-française mais elle met en lumière encore une fois l’arrogance du personnage. C’est vrai qu’il rentre d’un séjour dans les colonies israéliennes et là-bas, pour le ressourcement en matière d’arrogance, il n’y a pas de problème d’exportation.

Abdou Semmar

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