En réaction au rappel à l’ordre exprimé par la Confédération syndicale internationale (CSI) concernant l’attitude hostile et répressive des autorités algériennes à l’égard des syndicats autonomes, Alger évoque des atteintes à l’ordre public et use de menaces.    

Transmettant une lettre de la présidence de la République, en réaction au rappel à l’ordre exprimé, le 1er décembre 2016, par la CSI dénonçant les atteintes à la liberté syndicale, l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles (Belgique), Amar Belani, a évoqué des rassemblement «illégaux» troublant l’ordre public.

Bien que faisant le décompte des conventions internationales garantissant la liberté de l’action syndicale, dont l’Algérie est signataire, ainsi que les textes de la loi fondamentale consacrant «les libertés fondamentales et les droits de l’Homme et du citoyen (Art38)  incluant (Art 48) la liberté d’association et de réunion et la liberté de manifestation pacifique (Art 49)», la lettre transmise par l’officiel algérien n’a pu éluder la violente répression par les services de sécurité des actions de protestation des syndicats autonomes, dépeintes comme des actions aventureuses portant atteinte à la sécurité et à l’ordre public.

Pour discréditer l’action de ces syndicats autonomes, les autorités algériennes se sont attaquées à l’intersyndicale, à sa tête le SNAPAP, affirmant que ce cartel syndical ainsi que les organisations qui la composent ne sont pas reconnus par l’État.  Comme bouc émissaire, l’on a désigné Rachid Malaoui décrit comme un paria s’exprimant au nom du SNAPAP dans le seul but de déstabiliser le pays. «Rachid Malaoui et ceux-ci avaient pour objectif, à travers leur action, le bouleversement de l’ordre public voir la provocation d’une insurrection civile, un agissement éminemment politique et loin de toute revendication à caractère syndical», a affirmé M. Belani. L’’auteur du message a fait référence aux dispositions de la loi 89-28 modifiée et complétée par la loi 91-19 relatives aux réunions et manifestations publiques comme pour dire que le syndicaliste risque la prison pour atteinte à l’ordre public.

La correspondance a également tenu à rappeler à la secrétaire générale de la CSI, la primauté des lois intérieures. À partir de là, les autorités algériennes l’ont appelée à être plus professionnelle et plus pointilleuses dans le choix de ses adhérents puisque «la Confédération générale autonome des travailleurs algériens (CGTA) qui est une organisation non reconnue par l’Etat», a été admise au sein de cette confédération.

Massi M.

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