Dans une «circulaire» envoyée aux médias, le ministre de la Communication, Hamid Grine, «ordonne» aux journaux et aux chaînes de télévision de ne pas couvrir, entre autres, les activités des partis et personnalités qui appellent au boycott.

«Les médias sont tenus de veiller à la sensibilisation des électeurs sur l’exercice de leur droit de vote et ne doivent en aucun cas œuvrer à décrédibiliser les élections ou donner la parole à des parties qui appellent au boycott», indique le document qui porte le cachet du ministre lui-même. Le texte n’est cependant pas dénué de contradictions : « Les médias doivent considérer cette prochaine échéance électorale comme un test grandeur nature qui mettra leur capacité à se montrer à la hauteur de la liberté d’expression que leur garantit la démocratie».

Les avertissements de Hamid Grine ne s’arrêtent pas là. Il enjoint, dans une circulaire séparée, les chaînes de télévision privées à «proscrire toute offense, toute parole outrageante, injurieuse ou diffamatoire à l’encontre du président de la République ou/et de l’institution représentée par le président de la République». En somme, une porte ouverte à des sanctions contre toute critique du programme du président de la République ou de son gouvernement.

Cette circulaire vise à encourager la participation aux élections législatives. Mais elle vise en plus à museler le peu de liberté de ton qui existe dans la presse !

Essaïd Wakli

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