La crise économique que traverse le pays commence à produire ses fruits amers. Faute de carnet de commande, près de 1000 entreprises activant dans le secteur du bâtiment sont menacées de faillite. C’est ce qu’a révélé Mouloud Khelloudi, président de l’Association générale de des entrepreneurs algériens (AGEA).

«Ce que nous redoutions en 2016 lors de la tripartie commence à se réaliser. Toutes nos propositions n’ont pas été appliquées par le ministère de l’Habitat. A l’époque, on s’était mis d’accord pour rallonger les délais de réalisation et ne pas dresser de pénalités aux entreprises. Or, le ministère a préféré mettre la pression sur les entreprises depuis 2016. C’est pour cette raison que le secteur vit actuellement une crise qui asphyxie les entreprises», a indiqué le responsable lors d’une conférence de presse.

Plus grave, le représentant des entrepreneurs rapporte que les créances détenues par les entreprises auprès des institutions publiques sont colossales. «Actuellement, le niveau des créances impayées des sociétés affilées à l’AGEA détenues auprès du Trésor public s’élèvent à 750 milliards de centimes. Et la colère monte parmi les entrepreneurs les plus vulnérables», a affirmé le même responsable qui a rapporté des situations de désespoir de certains chefs d’entreprises.

Il y a quelques semaines, plusieurs dizaines de petits entrepreneurs, venus des quatre coins du pays, s’étaient réunis à Boumerdès pour réclamer le paiement de leurs créances. Certains d’entre eux ont même fait des tentatives de suicide.

Le non-paiement des entreprises de réalisation pénalise les projets publics. Une situation reconnue par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lui-même.

Ce qui n’est pas quantifié par contre, c’est le coût social de ces fermetures. Des dizaines de milliers d’Algériens se retrouvent en chômage. Et aucune solution ne semble se profiler à l’horizon.

Rania Aghiles

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