Signe du repli de l’offre sur le marché de l’emploi, l’ANEM (Agence nationale de l’emploi) va de moins en moins proposer des contrats aux jeunes dans le cadre des différents dispositifs d’aide. 

Dans une note adressée à ses différentes directions, le Directeur général de l’ANEM, Mohamed Tahar Chaalal, a tenu à indiquer que les deux dispositifs d’emploi aidé, le DAIP (Dispositif d’Aide à l’Insertion Professionnelle) et le CTA (Contrat de travail aidé), ne concernent que les «primo-demandeurs». Ceux qui ont déjà cotisé à la CNAS (Caisse nationale de l’assurance sociale), soit ceux qui ont déjà bénéficié d’un emploi, en sont exclus.

Ces dispositifs étaient destinés à aider les nouveaux diplômés à s’insérer dans le monde du travail. Seulement, avec l’aisance financière connue par le pays depuis le début des années 2000, l’ANEM s’est mise à accorder ce type de contrats à tous les demandeurs. L’Etat a contribué aux salaires de ces employés à hauteur de 15 000 dinars pour ceux détenant un diplôme universitaire. Une aubaine pour certains opérateurs, privés notamment, qui recrutaient à tour de bras des jeunes payés par le contribuable.

L’administration s’est retrouvée en sureffectif. Dans certaines régions, des enquêtes ont révélé la multiplication des «emplois fictifs». Des jeunes percevaient les salaires pour rester chez eux. L’Etat est obligé maintenant, la chute des prix du baril, de revoir sa copie. De nombreux contrats sont résiliés. C’est pourquoi l’ANEM a décidé aujourd’hui de n’accorder ces aides qu’aux primo-demandeurs.

Elyas Nour