La directrice de l’Institut national de la police  criminelle, la commissaire divisionnaire Kheïra Messaoudène, a révélé, mardi, des chiffres inquiétants sur le phénomène de la violence infantile. Selon elle, de plus en plus de mineurs sont sortis du statut de victimes pour devenir des acteurs capables des pires atrocités.  

La commissaire divisionnaire a tiré la sonnette d’alarme interpellant la société sur le phénomène qui «tend à se normaliser dans notre pays». Un constat alarmant a été fait sur la base de chiffres attestant de l’entraînement des mineurs dans la spirale infernale de la violence. Ainsi, 39 enfants ont succombé à cette violence en 2016, alors que neuf mineurs ont fait l’objet d’infanticides entre janvier et avril 2017.

Toujours selon la même source, les enfants ne sont plus seulement des victimes de la violence, mais tendent de plus en plus à devenir des acteurs à part entière, tirant la courbe statistique vers le haut en matière de criminalité. La responsable a d’ailleurs affirmé que certains de ces crimes graves sont commis par des mineurs dont l’âge ne dépasse guère les 10 ans, tout en soulignant que la parité est tout à fait respectée puisque les filles sont concernées à un niveau quasiment égal.

Les chiffres présentés par cet office de la police, lors du forum organisé par la Sûreté nationale à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, traduisent parfaitement cette tendance inquiétante. Avançant le chiffre de 5368 crimes enregistrés en 2016, l’intervenante a mis en exergue la nécessité d’attirer l’attention d’une société «démissionnaire» sur les proportions alarmantes que prend la violence physique et sexuelle. A cet effet, elle a indiqué que 12 mineurs ont été auteurs de meurtres depuis 2016, et 23 autres ont été été accusés de coups et blessures avec intention de tuer.

Mme Messaoudène, a en outre tenu à rappeler que dans la majorité des cas, les poursuites judiciaires n’aboutissent pas en raison de l’obstacle de l’âge.

Pour ce qui est des violences sexuelles, l’intervenante a tenu à signaler que 2 300 cas ont été signalés depuis 2016. A son sens, de telles pratiques ont pour conséquence de troubler l’équilibre mental des victimes les poussant à reproduire la même violence.

Massi M.