La réunion de Vienne n’a pas produit, dans l’immédiat, les effets attendus par les pays producteurs de pétrole. Les contrats de juillet sur le pétrole texan et le Brent de la Mer du Nord perdaient, dès jeudi, près de 5% à la clôture du marché new-yorkais, victimes de prises de profits et certains traders étant déçus que l’option russe n’ait pas été retenue et que des coupes plus profondes n’aient pas été validées.

L’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (Opep) et des pays producteurs non-membres du cartel emmenés par la Russie ont décidé, jeudi, de prolonger de neuf mois, jusqu’à fin mars 2018 l’accord de réduction de la production en vigueur depuis le début de l’année. Une réduction reconduite de 1,8 million de barils par jour (bpj), représentant 2% environ de la production mondiale, avait été calculée par rapport aux extractions d’octobre 2016, soit, environ, 31 millions de bpj.

L’Opep a convenu de maintenir ses propres coupes à 1,2 million de bpj environ, a précisé le ministre du Pétrole koweïtien, Essam al-Marzouq. Ce qui implique que les producteurs hors Opep retrancheront à nouveau quelque 600.000 bpj à leur propre production.

La prochaine réunion ministérielle entre délégués de l’Opep et non-Opep est prévue le 30 novembre, ont ajouté les délégués.

Au-dessus de la barre des 50 dollars depuis le début de l’année

Les mesures de réduction de la production ont permis au cours du brut de repasser, depuis le début de l’année, la barre des 50 dollars, ce qui a redonné un peu de marge de manœuvre budgétaire aux pays producteurs, dont bon nombre sont fortement dépendants des revenus pétroliers et qui ont dû, à l’image de l’Arabie saoudite, puiser dans leurs réserves de change pour combler leur déficit budgétaire.

Entamée à la mi-2014, alors que le baril s’échangeait encore à plus de 100 dollars, la chute des cours -tombés à moins de 30 dollars dans le courant de l’année 2016- a, au-delà des tensions sur les budgets, provoqué de violents remous sociaux dans des pays tels que le Venezuela et le Nigeria.

La hausse des cours qui a suivi l’accord de réduction a par contrecoup rendu rentable la production de schistes, qui a sensiblement augmenté aux Etats-Unis -pays qui n’est pas partie à l’accord- en particulier, rendant difficile le désengorgement du marché et permettant de conserver des stocks pétroliers mondiaux proches de niveaux records.

C’est pourquoi l’Opep a d’abord proposé de reconduire l’accord de réduction de la production jusqu’à la fin de l’année, soit de six mois, avant de choisir neuf mois, la Russie proposant même d’aller jusqu’à 12 mois.

Russie et Arabie Saoudite déterminés à soutenir les prix

Le ministre du pétrole saoudien, Khalid al Falih, a estimé que l’accord de production pourrait encore être prolongé lors de la réunion de novembre mais aussi qu’une stratégie pour en sortir serait élaborée. Il a également déclaré que les exportations saoudiennes devraient diminuer sensiblement à partir de juin, autorisant une accélération du processus de rééquilibrage du marché. « Nous avons observé un retrait substantiel des stocks, qui s’accélérera », a dit al Falih. « De ce fait, nous serons parvenus à nos fins au quatrième trimestre. Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, a affirmé  de son côté que la coopération avec l’Opep serait poursuivie et élargie.

« La Russie a une élection en vue et les Saoudiens ont l’introduction en bourse d’Aramco l’an prochain; de fait, ils feront tout leur possible pour soutenir les prix pétroliers », notent la plupart des analystes.

H.H avec Reuters

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