En nommant Abdelmadjid Tebboune comme Premier ministre, la présidence de la République souhaite mettre fin à cinq ans de politique-spectacle. S’il ne faut probablement pas s’attendre à une révolution, l’arrivée de M. Tebboune à la primature devrait permettre, au moins, de changer de style.

Contrairement à un Abdelmalek Sellal «insolent» et fantasque, Abdelmadjid Tebboune devrait certainement montrer un visage plutôt sérieux. Si les gens qui le connaissent parlent d’un homme jovial, voire fêtard, Abdelmadjid Tebboune soigne son image en public. Contrairement à son prédécesseur qui a toujours pêché par ses approximations et son discours superficiel, le nouveau premier ministre sait s’adresser aux médias et aux Algériens. Il excelle dans les deux langues –arabe et français- et a le verbe plutôt facile.

Par contre, sur le fond, Abdelmadjid Tebboune traîne quelques casseroles pouvant être lourdes à porter. L’homme, qui a chapeauté les programmes AADL, a un goût immodéré pour l’effet d’annonce. Il va vite en besogne et formule souvent des promesses difficiles, voire impossibles à tenir. C’est le cas lorsqu’il avait promis, en 2012, que «la crise du logement» allait trouver son dénouement en 2018. C’est également avec le même excès d' »optimisme » qu’il avait promis aux souscripteurs du projet AADL 2 de les loger avant «2017». Plus, en pleine crise économique, il avait promis, à contresens de toute logique économique, que «l’Etat n’allait jamais abandonner les projets de logement».

Éclaboussé par le scandale Khalifa, Abdelmadjid Tebboune doit également composer avec une image écorchée, d’autant que le procès de l’affaire n’a jamais réussi à lever toutes les équivoques.

Rania Aghiles

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