Cette année, les examens du Baccalauréat coïncident avec le mois de ramadan. Une partie des candidats et leurs parents s’interrogent sur l’opportunité d’observer le jeûne. Les hommes de religion divergent sur la question. Quant aux scientifiques, il peut être une cause de déconcentration et un stimulant des réflexes violents inhibant la capacité de raisonnement.

Jeûner ou ne pas jeûner, tel est le choix cornélien qui s’impose aux candidats au Baccalauréat et à leurs parents qui ne savent plus à quel saint se vouer. Il faut dire que les avis des imams divergent. Deux courant s’affrontent sur la question.

Al-Azhar, référence de l’islam sunnite, a tranché la question depuis bien longtemps. Selon lui, «le musulman candidat à un examen peut se permettre de ne pas jeûner s’il estime que le fait de se soumettre à la privation peut lui être préjudiciable». Une position qu’une bonne partie des imams algériens ne partagent guère. A leurs yeux, le jeûne est une obligation religieuse et un pilier de l’islam qui ne peut être transgressé à cause d’un examen. Selon eux, hormis les cas exceptionnels cités dans le Livre saint et la tradition prophétique, tous les autres avis ne sont qu’invention.

Interrogé à ce sujet par le quotidien El Bilad, le président de la coordination nationale des imams, le cheikh  Djelloul Hadjimi, a soutenu que le candidat au Bac doit jeûner. Selon lui, «le jeûne n’a aucun impact négatif sur la concentration des candidats, bien au contraire», a-t-il avancé, soutenant qu’il stimule la concentration. Donnant des exemples de l’histoire des conquêtes musulmanes, l’imam a expliqué que «les plus grandes victoires militaires ont été remportées durant ramadan».

Cette polémique récurrente a toujours été dominée par des interprétations religieuses charriant plus de questions que de réponses. On a rarement invité la science à apporter son éclairage. Les études sur le sujet ont indiquent que le jeûne perturbe le métabolisme des être humains à des degrés divers. Selon elles, le jeûne peut  provoquer chez certaines personnes saines, une diminution du rendement scolaire et professionnel.  Indépendamment de ses capacités, une personne qui n’absorbe ni aliments ni boissons durant toute la journée présentera des symptômes de fatigue et de déconcentration, accentuant la vulnérabilité des candidats aux distractions, altérant ainsi leurs capacités d’analyse.

Massi M.