Crise diplomatique au Golfe/ L’Algérie adopte une position médiane

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Comme première réaction, l’Algérie ne veut pas fâcher les antagonistes dans le conflit qui oppose actuellement les Etats du Golfe et l’Egypte au Qatar. Dans un communiqué rendu public hier dans la soirée soirée, l’Algérie appelle les deux parties à régler leur problème par «le dialogue».

«Tout en appelant l’ensemble des pays concernés à adopter le dialogue comme seul moyen de régler leurs différends et de transcender les divergences qui peuvent naturellement surgir dans les relations entre Etats, l’Algérie appelle à la nécessité d’observer, en toutes circonstances, les principes de bon voisinage, de non ingérence dans les affaires internes des Etats et du respect de leur souveraineté nationale», indique un communiqué du ministère des Affaires Etrangères. «L’Algérie reste confiante que les difficultés actuelles ne peuvent être que conjoncturelles et que la sagesse et la retenue finiront par prévaloir tant les véritables défis qui se dressent devant la marche des pays et des  peuples arabes vers une solidarité agissante et une unité effective sont nombreux dont le terrorisme n’est pas des moindres», ajoutera le communiqué.

Cette position médiane reflète les traditions diplomatiques de l’Algérie qui garde, malgré tout, des relations correctes avec tous les belligérants de la région. Les liens entre l’Algérie et l’Iran ont toujours été au beau fixe, en dehors de la crise sécuritaire des années 1990. Alger entretient également de bonnes relations politico-économiques avec Doha. Abdelaziz Bouteflika entretient même une relation personnelle avec l’émir Hamad, le père de l’actuel chef de l’Etat qatari. Avec l’Arabie saoudite, les liens sont toujours cordiaux malgré des tensions passagères liées notamment à la lutte pour le leadership au sein de la Ligue arabe que se livrent, de temps en temps, Alger et Riyad. Mais rien n’indique que l’Algérie interférera directement dans un conflit éloigné géographiquement et complexe à cause notamment de l’interférence de beaucoup d’autres forces. A commencer par les Etats-Unis.

Rania Aghiles