Alors que les caisses de l’Etat sont de plus en plus vides, le gouvernement affiche son impuissance face à l’économie informelle qui continue pourtant de progresser. Lors de son passage, vendredi soir, devant les députés, le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que son gouvernement ne compte pas affronter les barons de l’informel. Il espère juste les amadouer.

«Aux gens de l’Informel, nous demandons de l’aide. Nous allons mettre en place des facilitations qui leur permettront de mettre leur argent dans le circuit formel en toute sécurité», a déclaré Abdelmadjid Tebboune. Puis, au détour d’une phrase, le Premier ministre a lancé un appel au blanchiment de l’argent de l’informel. «Ces gens qui ont de l’argent dans l’informel peuvent l’utiliser pour construire des usines, investir. Ils ne risquent rien pour ça », a-t-il affirmé.

Pour récupérer les fonds détenus par les circuits informels, Abdelmadjid Tebboune ne propose donc rien de nouveau. L’ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, avait déjà lancé, en 2015, une opération «blanchiment». Le principe était simple: les barons peuvent mettre leur argent dans le circuit bancaire sans que personne ne leur en demande l’origine. En contrepartie, ces citoyens doivent s’acquitter d’une taxe de 7%. Mais deux ans après, cette opération s’est avérée un échec total. Un fait reconnu par l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lui-même.

Selon les dernières statistiques de l’ONS (Office national des statistiques), l’informel représente 45% du PNB (Produit national Brut), soit près de 100 milliards de dollars.

Rania Aghiles

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