Le retard dans la «libération» des licences d’importation provoque une flambée spectaculaire des prix des matériaux de construction. A titre d’exemple, le coût du sac de ciment est passé du simple à plus du double. Cette situation impacte considérablement les projets de construction de logements. Pour tenter d’y remédier, le gouvernement convoque un mini-conseil du gouvernement.

Le sac de ciment, qui coûtait, il n’y a pas si longtemps 400 DA, culmine, aujourd’hui à 1000 DA. La tonne de fer à béton, qui était cotée à 5600 DA, revient, elle, à 9000 DA. Les autres matériaux ont tous connu une hausse de plus de 50%.

Les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publiques pointent du doigt, en plus des restrictions drastiques sur les importations, la conjugaison d’une forte spéculation et de l’absence de toute forme de contrôle de la part des services spécialisés du ministère du Commerce. Désemparées, ces entreprises appellent  les pouvoirs publics à assumer leur rôle de régulation.

Au niveau des grandes wilayas, à l’instar d’Alger, Oran, Annaba et Sétif, la situation est encore plus critique. Le sac de ciment y est écoulé à 1400 DA, soit le triple de son prix de 2015.

Selon les entrepreneurs, cet état de fait est la conséquence de l’introduction des licences d’importation qui a considérablement perturbé le marché et facilité la tâche aux spéculateurs, notamment dans les régions où sont implantés d’importants projets de construction. Toujours selon eux, le lancement d’opérations de maintenance au niveau de plusieurs cimenteries a exacerbé la crise, faisant planer le risque de banqueroute sur de nombreuses entreprises.

Notons que la facture de l’importation des matériaux de construction est passée de 2,14 milliards de dollars en 2015, à 1,74 milliard en 2016. Elle doit évidemment être en baisse plus conséquente cette année.

Pour sa part, le gouvernement convoque un mini-conseil de gouvernement afin de tenter d’endiguer la crise. Cependant, sa marge de manœuvre semble extrêmement réduite à cause de l’amenuisement des ressources financières du pays. Tout comme s’éloigne son objectif d’atteindre l’autosuffisance en matière de ciment promise pour fin 2017.

R.I.

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