5 Juillet/ Nouvelle grâce présidentielle au profit de prisonniers

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Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a signé deux décrets graciant les prisonniers « ayant eu un diplôme professionnel ou scolaire entre 2016 et 2017 », et ceux s’étant distingués par « une bonne conduite lors de leur incarcération ». Une mesure populiste qui aura pour effet d’accentuer le sentiment d’insécurité dans une société saturée par la délinquance et de renforcer le sentiment d’impunité.

Comme chaque année, le président de la République a signé des décrets graciant des condamnés à de la prison ferme, notamment des délinquants notoires qui sortent renforcés de ces centres de formation à la violence que sont devenues les prisons algériennes.

Les bénéficiaires de cette mesure de grâce sont les condamnés ayant décroché un diplôme professionnel ou un brevet d’enseignement moyen, secondaire ou universitaire durant l’année scolaire 2016 – 2017.

Le deuxième décret concerne, pour sa part, les prisonniers qui se sont distingués par leur bonne conduite durant leur période d’incarcération, exceptés ceux qui ont été jugés dans des affaires de terrorisme, d’homicide, de vandalisme, de trahison, d’espionnage, de trafic drogue, de contrebande, de trafic de faux billets et de corruption.

Par cette mesure populiste, le gouvernement contribue à l’expansion de la délinquance et de l’insécurité urbaine qui empoisonne la vie des Algériens. En diffusant une image d’impunité, le gouvernement rassure les délinquants en leur signifiant de rien craindre s’ils ne dépassent pas un certain seuil de violence.

Cette mesure renseigne également sur la perception du régime de ce qu’est une fête nationale. Pour lui, fêter les 55 ans de l’indépendance de l’Algérie est synonyme de la restitution de la liberté à des délinquants. Les citoyens honnêtes et travailleurs ainsi que les détenus d’opinion, eux, peuvent attendre.

Massi M.