Après les mises en demeure adressées à Haddad/ D’autres patrons seront ciblés par le gouvernement

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Pour lever toute compréhension équivoque suite à sa brouille publique avec Ali Haddad, Abdelmadjid Tebboune s’est entretenu, jeudi, avec une douzaine d’hommes d’affaires. Le premier ministre a notamment tenté d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’un règlement de compte, mais «d’une volonté de lutter contre l’immixtion de l’argent dans la politique». Il a ainsi expliqué le sens de la phrase prononcée en de juin dernier devant les députés.

Selon différentes sources, le gouvernement ne compte pas s’arrêter au seul cas Haddad. La lutte contre les réseaux financiers, qui se sont constitués autour du clan présidentiel depuis plusieurs années, va s’étendre à plusieurs membres du FCE et au-delà. Selon le quotidien Liberté, qui a rapporté les détails de cette rencontre, le Premier ministre a utilisé des termes assez durs pour qualifier ces hommes d’affaires qui ont bénéficié des largesses de l’Etat. «Il faut qu’ils payent et rendent des comptes. Nous avons des dossiers bien ficelés. Ils ont transféré de l’argent à l’étranger. Nous avons la liste des biens achetés en France, en Espagne et ailleurs», leur a-t-il révélé. Il a cité des cas précis de patrons qui ont bénéficié de facilitations et d’aides des autorités sans que cet argent ne soit utilisé pour réaliser de vrais projets.

Plus que cela, certains de ces hommes d’affaires, dont Rédha Kouninef, ont bénéficié de prêts bancaires sans limites. Mais selon El Watan, cet argent n’a pas été  totalement remboursé. Ces bénéficiaires, qui rôdaient autour du cercle présidentiel, ont plutôt acheté des biens à l’étranger. «Certains ont bénéficié de lignes de crédits au-delà de ce qui est permis», indique le journal.

Dans le sillage de cette lutte contre ces hommes d’affaires indélicats, le gouvernement va lancer, dès cette semaine, des mises en demeure contre les innombrables entreprises qui n’arrivent pas à achever les chantiers qui leur sont confiés. Pis, beaucoup de ces entreprises recourent, de manière abusive, à la sous-traitance.

La question qui reste posée est celle de savoir si le gouvernement va aller jusqu’au bout de sa logique. La justice sera-t-elle actionnée ?

Rania Aghiles