Le phénomène de la « harga » connaît un regain notable. En 48 heures, les gardes-côtes ont intercepté 124 candidats à l’émigration clandestine. Les régions côtières de l’Est et de l’Ouest sont particulièrement concernées. Selon la LADDH, le phénomène progresse parallèlement à la dégradation des conditions de vie des Algériens.  

La « harga » ou l’émigration clandestine par l’emprunt des voies maritimes reprend de plus belle. Des centaines de personnes prennent, quotidiennement, des embarcations de fortune dans l’espoir de rejoindre l’autre rive de la Méditerranée. Ainsi, à Annaba, les garde-côtes ont empêché, ces dernières heures, 59 personnes de la même région, dont l’âge varie de 17 à 33 ans de rejoindre les cotes méridionales européennes. Une opération non sans incidents puisque ces « harragas », originaires d’Oued El Fercha, de Sfassef, Oued Edhab et Dram, ont refusé de rebrousser chemin provoquant un violent accrochage avec les gardes-côtes.

Toujours à l’Est, plus précisément dans la wilaya de Skikda, les gardes-côtes ont intercepté, vendredi, deux embarcations de fortune transportant 37 personnes venues de diverses régions avoisinantes. Selon la même source, les 37 harraga, âgés de 19 à 44 ans, venues des wilayas de Skikda, Annaba et  Guelma, avaient embarqué quelques heures auparavant de la plage de Sidi Akkacha à l’est de Skikda. Une fois arrêtés, ces candidats à l’immigration clandestine ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal correctionnel d’Azzaba.

A l’Ouest, dans la wilaya d’Oran, 16 harragas, originaires d’Oran, Relizane et Chlef, dont deux mineurs, ont été arrêtés, hier samedi, par les gardes-côtes. Ils étaient à bord d’un bateau pneumatique et étaient très bien équipés. Munis de gilets de sauvetage, de GPS et d’une quantité impressionnante de carburant, ils ont tenté de gagner la ville côtière espagnole d’Almería. A Mostaganem, 12 autres personnes, en majorité des jeunes, ont été arrêtés pour les mêmes motifs.

Selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), ce sont en tout 665 tentatives d’émigration clandestine qui ont été avortées durant la période de janvier au 30 juin 2017 par les gardes-côtes. L’ONG affirme que le phénomène touche de plus en plus d’Algériens, consécutivement à la dégradation du niveau de vie dans le pays.

Massi M.

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