La mise en œuvre de l’accord de coopération entre les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et non OPEP est “globalement excellente”, a affirmé, ce matin, à Saint-Pétersbourg (Russie), le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni. L’Agence internationale de l”énergie (AIE) estime, au contraire, que l’Algérie fait partie des pays qui ont mal appliqué l’Accord d’Alger, conclu en décembre dernier.

“C’est pour moi une réelle satisfaction que de constater que la mise en œuvre de l’accord de coopération est globalement excellente, affichant un taux de conformité historiquement élevé. C’est indéniablement un signe de réussite dont nous devons être fiers”, a déclaré M. Guitouni lors de la 4ème réunion du Comité ministériel de monitoring conjoint OPEP et non OPEP (JMMC), indique un communiqué du ministère de l’Energie.

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Il a, en outre, témoigné de la volonté de l’Algérie de coopérer avec les pays OPEP et non OPEP “dans un esprit de continuité ” et “dans le but commun de stabiliser le marché pétrolier et préserver ainsi les intérêts mutuels de nos pays”, soulignant que l’Algérie “continuera à œuvrer à la recherche de solutions qui soient satisfaisantes pour tous”.

L’augmentation de la production du  Nigeria et de la Libye inquiète l’OPEP

Toujours ce matin, le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, a  appelé le Nigeria et la Libye à se joindre, dès que leur production se stabilise, à l’accord de réduction de production pétrolière qui réunit les membres de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et leurs partenaires.

Ces deux pays membres de l’Opep exemptés de l’accord en raison de la situation difficile qu’ils connaissent sont devenus, depuis quelques mois, un véritable casse-tête pour les signataires de l’accord, en raison de l’augmentation inattendue et continue de leurs productions pétrolière respectives.

«Je pense que ces pays (Le Nigeria et la Libye) devraient joindre leurs efforts à ceux des pays producteurs de pétrole ayant fait preuve de responsabilité, dès qu’ils auront atteint un niveau stable de production, en vue de participer au rééquilibrage du marché», a déclaré le ministre russe au Financial Times. «Nous pensons qu’à partir du moment où la production libyenne et nigériane se stabilise, il y aura moins d’incertitude au niveau du marché», a-t-il ajouté.

L’augmentation de la production nigériane et libyenne inquiète tout particulièrement l’Opep dont un délégué a déclaré, sous couvert de l’anonymat, il y a quelques semaines, qu’il n’était pas exclu de fixer une limite de production à ces deux pays.

D’après l’Agence internationale de l’Energie (AIE), 700.000 barils/jour supplémentaires ont été mis sur le marché par ces deux pays au cours de ces derniers mois.

L’Algérie parmi les mauvais élèves selon l’AIE

Dans son dernier rapport, l’AIE a révélé que le taux de conformité des membres de l’Opep avec l’accord de réduction de la production pétrolière a été particulièrement bas en juin dernier comparativement aux six mois précédents, passant de 95%, au mois de mai, à 78% le mois dernier.

Selon l’AIE, l’Algérie figure parmi les pays n’ayant pas respecté la limite fixée par l’accord de réduction de la production, aux côtés de l’Equateur, du Gabon, de l’Irak et des Emirats arabes unis. L’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar et l’Angola ont respecté rigoureusement l’accord, quant à eux, mais sans pouvoir équilibrer la situation, poursuit la même source. L’accord prévoit, rappelons-le, une réduction de 1,8 millions de barils par jour et devrait s’étaler jusqu’au mois de mars de l’année prochaine.

Yazid Taleb