Plus d’un moi après avoir déposé une plainte contre la chaîne Ennahar TV, l’écrivain Rachid Boudjedra est toujours dans l’attente d’une réponse du parquet.

Selon les avocats de l’écrivain, leur plainte est «mise sous le coude» par le procureur de la République près le Tribunal de Bir-Mourad Raïs. Selon le journal El Watan, Miloud Brahimi et Khaled Bourayou s’interrogent sur les raisons qui ont motivé ce qu’ils qualifient de «blocage» de la procédure auprès du parquet d’Alger, alors que la loi «l’oblige à donner suite dans un délai ne dépassant pas les cinq jours» qui suivent le dépôt de la plainte auprès du doyen des juges.

«Nous ne comprenons pas pourquoi la plainte a été mise sous le coude. La loi fait obligation au parquet de se déterminer cinq jours après la saisine du doyen des juges. Pourquoi mettre cette plainte sous le coude ?», s’est interrogé Miloud Brahimi. L’avocat précise que le juge d’instruction avait répondu dans les délais, «mais le procureur n’a pas pris la peine de répondre. Mieux encore, il part en vacances. Ce qui veut dire que la plainte attendra encore son retour. Cela est incompréhensible».

De son coté, Khaled Bourayou a estimé, selon la même source, que la gestion de cette affaire n’est pas conforme à la loi. «La gestion de ce dossier par le juge d’instruction n’est pas conforme à la loi. Ce dernier a cinq jours pour se déterminer, et le procureur a également le même délai pour répondre. Or, la plainte n’a toujours pas connu de suite depuis le 14 juin dernier. Ce qui est illégal et ne reflète pas la gravité des faits, dont tout le monde apprécie le préjudice causé à Rachid Boudjedra», a-t-il fulminé. «Une telle gestion n’est pas régulière. On veut gérer politiquement un dossier à connotation judiciaire. A mon avis, ces méthodes ne sont nullement correctes. Elles dénotent l’orientation qu’on veut donner au dossier, a-t-il ajouté.

Humilié en juin dernier dans une caméra cachée, l’écrivain Rachid Boudjedra a décidé de porter plainte contre la chaîne Ennahar TV pour «torture morale», «atteinte à la vie privée», «utilisation illégale de l’image d’autrui», «usurpation de fonction» et «diffamation».

 Rania Aghiles

Justice/ Aucune suite à la plainte de Boudjedra contre Ennahar TV
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