Le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a mis sur pied une commission technique chargée de mettre en place une plateforme pour la révision en profondeur de la politique des aides sociales et des subventions. L’objectif est de répertorier les personnes éligibles à ces aides. En absence de données statistique fiables, le gouvernement peut-il déterminer avec exactitude les catégories concernées?

Les services du Premier ministre ont en effet mis sur pied une commission technique composée de représentants des ministère de l’Intérieur, du Travail, de la Solidarité, des Finances et du Conseil national économique et social (CNES) pour réviser la politique sociale de l’Etat et identifier les franges de la société éligibles à son aide.

Comme prévu dans le plan d’action du gouvernement, cette commission doit présenter, à la fin de ses travaux, un rapport au Premier ministre devant aiguiller les ajustements à introduire dans la politique des aides sociales, rapporte le quotidien El Bilad.

La commission en question aura également à élaborer un rapport complet sur les produits subventionnés dans la perspective de la suppression graduelle des subventions. Une étude complète des mécanismes devant présider à la distribution de ces subventions a également été exigée par le Premier ministre.

L’autre mission de cette commission est d’identifier les catégories bénéficiant des subventions étatiques dans la perspective d’écarter celle qui peuvent s’en passer et de répertorier celles qui en dépendent. Cependant, le gouvernement sera confronté à l’absence de données statistiques fiables, rendant ardue la tâche de répertorier les catégories éligibles aux aides de l’Etat. Même en se basant sur le critère «des aides allouées aux salaires inférieurs à 30 000 DA», le gouvernement aura des difficultés à identifier les catégories concernées.

Ainsi, le travail au noir représentera un problème d’envergure pour des autorités qui ne parviennent même pas à identifier les revenus de tout un chacun. Les chiffres officiels sont en total décalage avec les statistiques émanant de sources indépendantes. Estimé à 30% de la masse salariale chez le privé par l’Office national des statistiques (ONS) et à 75% par les syndicats,  le travail au noir est un de ces innombrables problèmes auxquels l’Etat devra faire face pour reformer son programme de subvention.

Massi M.