Aussitôt revenu à l’Union Africaine (UA), le Maroc reprend sa stratégie de tension avec l’Algérie. Il en fut ainsi, samedi, lors de la deuxième journée du Conseil exécutif de l’UA à Addis-Abeba.

Les rapports conflictuels entre l’Algérie et le Maroc sont partis pour empoisonner, à nouveau, l’atmosphère des réunions de l’UA. Les ambitions de leadership régional, mais surtout la question sahraouie, constituent les deux principaux points de discorde entre les deux pays depuis plusieurs décennies.

Advertisement

Le clash qui a eu lieu samedi, lors du Conseil exécutif de l’UA à Addis-Abeba, est un exemple de ce que vont être les réunions de de l’organisation panafricaine lors des séances consacrés à la question sahraoui. Un climat de tension s’est installé lorsque la délégation marocaine a énergiquement refusé un paragraphe du rapport d’activité de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), présidée par la Sud-africaine Faith Pansy Tlakula, qui recommandait l’envoi d’ «une mission d’évaluation dans le territoire occupés du Sahara occidental pour être conforme aux précédentes décisions du Conseil exécutif ». Le Maroc a demandé la suppression de ce paragraphe. A la sortie de la réunion des diplomates ont qualifié la séance de « chaude », soulignant le clash entre les deux délégations.

Ce qui a irrité ma délégation algérienne, c’est le fait que le Maroc a tenté de remettre en cause un rapport vieux de neuf ans. Pour défaire ce qui a été fait, le royaume chérifien a eu recours au jeu des alliances. Suite au veto du Maroc, qui a d’ailleurs été soutenu par plusieurs pays, notamment d’Afrique de l’Ouest, les ministres des Affaires étrangères africains ont sollicité la médiation du Nigeria,. Le chef de la diplomatie de ce pays, Geoffrey Onyeama, a été chargé de «trouver une solution» avant la clôture des travaux du Conseil.

Il convient de souligner que depuis son retour au sein de l’UA, le Maroc mène une bataille à l’intérieur de l’organisation pour défaire tout projet jugé préjudiciable à son « intégrité territoriale ».

Massi M.