La pression s’accentue sur le ministre de la Santé. Mokhtar Hasbellaoui s’attire  les foudres des personnels hospitaliers, suite à l’incarcération de leurs confrères dans l’affaire dite de la parturiente de Djelfa.

Depuis que la justice a décidé de mettre sous les verrous des fonctionnaires de la santé, dont une gynécologue pour «négligence», des dizaines de médecins, aides-soignants et autres fonctionnaires, protestent à travers le pays. Des sit-in, piquets de grève et même des démissions collectives ont été enregistrés.

L’élan de solidarité, entamé par le personnel des hôpitaux de Djelfa, a gagné d’autres régions du pays. C’est le cas des personnels des hôpitaux de Baïnem et Rouiba, à Alger, qui ont tenu à exprimer leur mécontentement. C’est surtout l’emprisonnement de la gynécologue, Dr Ouali, qui soulève l’ire des praticiens de la santé publique. Ces derniers estiment que leur collègue n’a «commis aucun délit». La justice lui reproche, par contre, son absence la nuit où la parturiente est décédée. Les défenseurs du médecin évoquent une absence due à un congé «maladie» délivré suite à un surmenage.

Derrière ce malaise, se cache en réalité une vraie maladie : celle du secteur de la santé dans son ensemble. C’est ce problème, plus profond, que soulèvent les protestataires. Pour eux, si des erreurs ont été commises, c’est parce que les personnels de santé travaillent dans des conditions pour le moins difficiles.

Du coté de la tutelle, c’est motus et bouche cousue. Des informations distillées dans la presse évoquent des décisions «importantes» qui concernent, notamment, l’aspect organisationnel des hôpitaux.

Rania Aghiles