Enfin un signal positif. Pour une fois, deux ministres du gouvernement algérien se mettent à travailler ensemble. Et pas pour n’importe quelle cause, celle perdue de vue depuis des décennies: la citoyenneté, plus précisément de l’écocitoyenneté. Les deux  ministres en question sont deux femmes. Il s’agit de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, et Fatma Zohra Zerouati, sa collègue de l’Environnement.

La première a annoncé, dimanche, que le cours inaugural de la prochaine rentrée scolaire portera sur le thème de l'écocitoyenneté. Selon Mme Benghabrit, l'accent sera, ainsi, mis sur l'éducation comportementale, avec une contribution "active" du ministère de l'Environnement et des énergies renouvelables, d'autant que le slogan choisi pour cette année scolaire est "Tous mobilisés pour une école citoyenne et de qualité". Elle a souligné également que son secteur prendra soin de développer un ensemble d'actions inscrites au plan d'action du Gouvernement parmi lesquels figure le renforcement de l'éducation à la citoyenneté.

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Tous concernés

De son côté, la ministre de l’Environnement et des Energie renouvelables, Fatma Zohra Zerouati, a assuré également, au début de la semaine, qu’"il y aura à terme un travail de terrain qui sera mené par les autorités locales qui permettra l'amélioration du cadre de vie du citoyen et la lutte contre la pollution". Elle a également évoqué les grandes actions de sensibilisation qui seront menées, à travers notamment un projet avec le ministère de l'Education nationale."Nous sommes tous concernés par la gestion des déchets, dont le citoyen qui doit, quant à lui, participer au tri des déchets à son niveau", a-t-elle soutenu.

Il est en effet plus que temps qu’on commence à s’occuper sérieusement de la question du traitement et du recyclage des déchets ménagers dans notre pays qui croule sous la tâche et  qui est en train de se faire une solide réputation internationale de pays ou la saleté est devenue la règle.

"Nos déchets sont notre prochain pétrole"

Mme Zerouati a insisté, dimanche dernier, sur l'adoption d'une "approche nationale dans la gestion des déchets". Elle a évoqué un projet d'étude au profit de la capitale qui permettra, selon elle, de tirer profit de 'expérience et du savoir-faire de la Corée du Sud dans le domaine de la gestion des déchets, soulignant que 3000  tonnes de déchets par jour sont recensés pour la capitale seulement.

Dans une déclaration à la presse, la ministre a relevé l'impératif de passer à une autre étape, qui est de rendre les déchets "une source d'emploi et d'énergie et permettre l'usage de plusieurs matières premières et ce, grâce au traitement mécanique et du recyclage".
Mme Zerouati a estimé que "nos déchets sont notre prochain pétrole et constituent une source de richesse en allant vers le traitement mécanique et le recyclage".

Le développement durable, un nouveau modèle économique  

Dans beaucoup de pays du monde, le développement durable est aujourd’hui au cœur des stratégies économiques. Energies renouvelables, environnement, recyclage des déchets, réhabilitation et entretien du parc immobilier, etc. Les chantiers sont très nombreux et sont susceptibles de booster l’activité économique en créant de très nombreuses opportunités d’emplois. Ces activités ont de surcroît la particularité d’être les vecteurs  d’une amélioration générale  du cadre de vie et de l’"estime de soi" des populations concernées.

Que quelques ministres l’aient compris, c’est très bien. Il faudrait aussi que nos principaux décideurs prennent enfin conscience que le développement économique et social d’un pays ne se résume pas à injecter des dizaines de milliards de dollars dans la construction de complexes pétrochimiques, ni même dans la construction de centaines de milliers de logements sans souci du cadre de vie ni de l’environnement.

Yazid Taleb