Mont Ivarissen, Béjaïa

Une centaine d'incendies touche plusieurs régions du pays depuis lundi. Les wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa, Médéa, Blida, Bouira, Boumerdés, Guelma, Annaba, Jijel et Saïda, pour ne citer que celles-ci, ont enregistré des pertes humaines et matérielles. La Protection civile, par manque de moyens, éprouve les pires difficultés à maîtriser la situation. L'ampleur de la catastrophe révèle un manque d'anticipation criant de la part des pouvoirs publics.

Depuis lundi, les wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa, Médéa, Blida, Bouira et Boumerdés notamment, sont particulièrement affectées par les incendies. Un jeune homme d'une vingtaine d'années est décédé à Boumerdès après avoir été cerné par les flammes dans la forêt de Legata. Une autre personne a également perdu la vie à Bouira.

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A Boumerdés, plusieurs localités ont en outre souffert des coupures d’électricité et d'eau potable. Les incendies ont provoqué la destruction d’installations électriques dans certaines régions. Pour d'autres, c’est la forte sollicitation de cette énergie en ces temps de canicule qui a fini par perturber son bon fonctionnement mettant à l’arrêt les stations de pompage d’eau potable. Dans cette région, les incendies ne sont toujours pas maîtrisés.

À Tizi Ouzou, plusieurs forêts ont été consumées par les flammes. En plus du tissu forestier dévasté, des centaines d'hectares de blé, de bottes de foin et d'arbres fruitiers sont partis en fumée. Les services de la Protection civile tentent sans relâche, depuis plusieurs jours, de venir à bout des flammes, mais en vain. Les moyens déployés sont insuffisants malgré l’implication des citoyens.

L'armée à la rescousse

À Bouira, plusieurs communes, à l'instar de Kadiria, Mâala et Taghzout, ont enregistré la déclaration de plusieurs foyers d’incendie. Les éléments de la Protection civile ainsi que les gardes forestiers ont eu du mal à maîtriser ces incendies, particulièrement dans la commune de Maâla, où les éléments de l’Armée nationale ont dû intervenir pour apporter leur assistance. Les feux y persistent depuis lundi soir. Les flammes ont endommagé plusieurs habitations, indiquent des sources locales, soulignant qu’environ 200 oliviers et autres arbres fruitiers ont été détruits.

Dans la commune d’Ahnif, à l’est de la wilaya, le massif d’Ighzer Oumenchar a été complètement ravagé. Selon des sources locales, la population s’est jointe à la Protection civile pour éteindre cet incendie qui s’est étalé sur 15 hectares. Plusieurs personnes ont également été brûlées à divers degrés dans cette wilaya, au moins une trentaine d’entre elles ont été évacuées vers l’hôpital de Lakhdaria, dont une femme brûlée au troisième degré.

À Béjaïa, les flammes ont également ravagé plusieurs localités. À Tala Hiba, dans la commune de Toudja, les habitants se sont mobilisés depuis lundi pour maîtriser des incendies qui se sont déclarés dans les villages d’Iachouren et Tiwririne. Mêmes scènes à dans la région montagneuse d’Ibarissen, à El kseur, à Oued Ghir et sur la cote ,au niveau de la commune de Beni Ksila. Dans ces régions des dizaines d’incendies persistent depuis lundi ravageant des surfaces importantes de forets et de couvert végétal.

À Médéa, 152 hectares de couvert végétal sont partis en fumée à Ouled Brahim et à Bouchrahil. Gans la localité de Rouakech, 150 hectares recouverts essentiellement d’arbres ont également été consumés. La situation n’était pas moins critique hier, à Blida, où de terribles incendies ont ravagé les reliefs montagneux de la région. Comme partout ailleurs, il était très difficile de maîtriser les foyers d'incendies, notamment à cause de fortes rafales de vent.

Agent de la Protection civile à bout de force

Manque criant de moyens et d'anticipation

Cette situation infernale a révélé au grand jour une terrible impréparation de notre pays, pourtant classé parmi les régions les impactées par le réchauffement climatique, là faire face aux incendies de forêt. Dépourvus de moyens matériels, notamment aériens, les services de la Protection civile se sont montrés impuissants malgré le courage des hommes sur le terrain.

Notons également que les autorités n'ont, selon toute vraisemblance, pas pris la juste mesure du risque. Pour preuve, ce n'est qu'hier qu'une cellule de crise a été installée pour suivre le développement de la catastrophe.

Massi M.