Le même scénario se répète chaque année. Les permanences durant l’Aïd El Adha de 2017 n’ont pas été respectées. La moitié des épiceries, boulangeries et pharmacies sont fermées malgré les mises en garde du ministère du Commerce. Reportage.

A Alger, nombreuses sont les familles qui ont fait leurs courses avant l’Aïd. Certains Algérois ont acheté jusqu’à dix baguettes de pain en prévision des fêtes. Sans doute, avaient-ils appréhendé de découvrir, à leur réveil, une ville fantôme. Heureusement, certains commerçants ont respecté leur permanence.

C’est le cas d’un propriétaire de boulangerie dans la commune de Bougara que nous avons rencontré, hier vendredi, et qui affirme n’avoir jamais manqué à l’appel. «J’ai, depuis toujours, respecté la permanence, depuis 1994 pour être plus précis», a-t-il affirmé. «Que ce soit pendant l’Aïd El Fitr, ou l’Aïd El Adha, j’ai toujours tenu mes engagements malgré les obstacles. Je travaille avec mes enfants, et même s’il fait très chaud à l’intérieur de la boulangerie, je suis au service du citoyen», a-t-il ajouté.

C’est surtout le pain qui demeure indispensable pour les Algériens, aliment nécessaire pour accompagner les repas de l’Aïd. Certains clients que nous avons croisés au sein même de la boulangerie, expriment leur étonnement quant à l’indisponibilité des commerçants. «Il nous faut du pain le jour de l’Aïd », a indiqué une dame. «C’est important pour nous, je ne comprends pas que ce commerçant soit le seul à travailler, ce n’est pas normal, c’est une charge, car tout le monde vient chez lui», a-t-elle déploré.

Une autre personne a du parcourir un long trajet pour trouver du pain.  Il nous a racontés qu’«il habite dans la commune de Ouled Slama, et qu’il a fallu qu’il vienne jusqu’à Bougarra pour se procurer du pain», précisant que « c’est le seul boulanger ouvert dans toute la commune de Bougara»

Du côté des épiceries, même constat. Un épicier parmi tant d’autres respecte sa permanence et en sauve plus d’un !

Les commerçants, ou du moins la plupart d’entre eux, ne sont pas d’Alger !

«Cet épicier est ouvert et il a tout», a affirmé un citoyen, avant d’ajouter: «Heureusement qu’il est disponible, la plupart des commerçants baissent leurs rideaux car ils ne sont pas d’ici, du coup, ils partent chez eux, à l’intérieur du pays. »

Le programme de permanence concerne les boulangeries, les alimentations générales, les vendeurs de fruits et légumes mais aussi d’autres activités à l’image des salons de thé, cafétérias, restaurants et station d’essence. Cette année, la Direction du Commerce de la wilaya d’Alger a mobilisé plus de 3.500 commerçants pour mener à bien cette mission, en vain !

Moncef Aït-Kaci

 

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