Les Algériens devront s’attendre, à l’avenir, à de graves pénuries de lait résultant du recul substantiel des importations de poudre de lait. Dans le cadre de la politique d’austérité, l’Etat a réduit ses importations en poudre de lait de l’ordre de 32,58% les sept premiers mois de l’année en cours par rapport à la même période en 2016. Diverses autres raisons, dont la spéculation, finiront également par provoquer une véritable crise du lait.

Comme tous les autres secteurs productifs, les laiteries font face à une grave crise qui risque de provoquer un très long cycle de pénuries. Interrogé par le quotidien El Bilad, le représentant des distributeurs de lait pasteurisé, Amin Belour, a expliqué que la situation actuelle est due aux mesures prises, l’année dernière, par le l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL). Cet organisme, a-t-il ajouté, a porté un sévère coup à la capacité de production en réduisant la quantité de la poudre de lait importée de 1500 à 1200 tonnes.

Les mesures prises dans le cadre de la politique d’austérité ont entraîné une réduction drastique du budget consacré aux importations de poudre de lait. La facture a quasiment été divisée par deux. L’État a dépensé 477 millions de dollars pour importer cette matière première durant les sept premiers mois de l’année en cours, soit une réduction de 32,58% par rapport à la même période de 2016, où la facture avait atteint 707,5 millions de dollars.

Belour a ensuite dénoncé les pratiques de quelques barons du lait qui provoquent cycliquement des pénuries afin d’écouler leurs stocks en lait. Selon lui, ces producteurs de lait sans matières grasses, partiellement écrémé et écrémé obligeant littéralement le citoyen à en acheter à des prix exorbitants grâce à leur capacité à contrôler le marché. « Le sac de lait produit par ces barons est écoulé avec un prix oscillant entre 45 et 70 DA », a-t-il indiqué.

M.M.