Alors que le gouvernement avoue ne pas savoir d’où se procurer de l’argent, des institutions de l’Etat donnent des pistes sérieuses. C’est le cas du directeur général du Trésor qui a chiffré le montant de manque à gagner dû aux avantages fiscaux accordés par l’Etat aux investisseurs.

Ainsi, selon Fayçal Tadinit, qui intervenait, jeudi soir, devant la commission des Finances de l’APN, les pertes enregistrées suite aux avantages fiscaux accordés aux investisseurs sont «évaluées annuellement entre 210 et 220 de dinars, soit près de 2 milliards de dollars». Les pertes «pourraient s’élever en 2018 à 300 milliards de DA», a-t-il ajouté.

Cela se passe au moment où le même responsable confirme que pour boucler le budget de l’année en cours, l’Etat est obligé de trouver 550 milliards de dinars supplémentaires. «La loi de finances 2017 tablait sur près de 6.002 milliards de dinars de recettes et 7.115 milliards de dinars de dépenses, soit un déficit de 1.113 milliards de dinars, que le Trésor couvre partiellement», a-t-il indiqué. «Il reste à couvrir 570 milliards de déficit, d’où la nécessaire modification de la loi sur la monnaie et le crédit», a-t-il ajouté.

Selon Ahmed Ouyahia, le recours au «financement non-conventionnel» ne sera destiné qu’au paiement de la dette publique, évaluée à 3000 milliards de dinars, soit près de 30 milliards de dollars.

Rania Aghiles