Sur fond de crise diplomatique, l’Algérie et le Maroc se livrent une course effrénée pour rendre hermétiques leur frontière commune. Alors que le Maroc a annoncé le lancement d’un satellite de surveillance le 8 novembre prochain, l’Algérie active pour ériger son mur d’isolation high-tech.

Une commission de haut niveau composée d’officiers de haut rang, des responsables de premier plan des ministères de l’Intérieur, des Travaux publics, des Technologies de l’information et des Télécommunications, a été installée pour superviser la construction du mur high-tech du côté algérien, rapporte le quotidien El Bilad.

À en croire la publication, le mur d’isolation qui est en train d’être érigé sur les frontières ouest du pays intègre un système de surveillance technologique doté d’un réseau de caméras ainsi que des radars conçus en Algérie en partenariat avec une firme allemande. Le projet avait accusé du retard avant d’être relancé récemment, notamment après la dégradation des relations entre les deux pays suite aux déclarations du ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel, qui a accusé le royaume de blanchir l’argent du hachisch dans les banques africaines.

Pour Alger, la construction d’une telle barrière est essentielle. Pour la justifier, les autorités évoquent les menaces sécuritaires. On parle notamment d’opérations d’espionnage, mais aussi de contrebande et de trafic de stupéfiants. La construction d’un tel mur est une mesure préventive, affirme El Bilad citant des sources proches du dossier. Cependant, aucune information concernant le coût de ce projet n’a pu filtrer.

De l’autre côté de la frontière, on ne reste pas les bras croisés. Au Maroc, les autorités ambitionnent de lancer un satellite de surveillance le 8 novembre prochain. Les raisons évoquées sont aussi d’ordre sécuritaire. Le royaume chérifien reproche à l’Algérie des immixtions dans ses affaires internes. Ce satellite lui permettra donc de surveiller sa frontière commune avec son voisin de l’Est. Mais il est aussi question de mettre fin au trafic de psychotropes, indiquent les médias marocains. Le dispositif permettra également d’obtenir des renseignements sur les installations militaires et les mouvements de troupes de ses voisins, l’Espagne, l’Algérie ou encore le Front Polisario

Cet equipement d’observation de la gamme Pléiade d’EADS Astrium, a été acheté  auprès d’équipementier français, et il sera mis en orbite le 8 novembre à Kourou, en Guyane française. Le coût total du programme, qui comprend deux satellites, le premier lancé en novembre,le second en 2018, est estimé à environ 500 millions d’euros, indique le quotidien espagnole El Pais.

M.M.

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