Le Conseil des ministres s’est réuni, hier, à Alger, sous la présidence du Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika. Les travaux se sont concentrés sur le contenu du projet de loi de finances 2018. 

Du fait de la situation économique actuelle, le Conseil des ministres a été exclusivement consacré aux questions économiques et sociales. D’ailleurs, il a été entamé par l’examen et l’adoption du projet de loi de finances (PLF) 2018. Hormis quelques lignes évoquant «la préservation de la sécurité, de la stabilité et de l’unité du pays, la consolidation de la démocratie, y compris par une bonne organisation des élections locales du mois de novembre 2017 et la promotion de l’État de droit et de la bonne gouvernance dans tous les domaines de la vie nationale», le communiqué de la Présidence sanctionnant le conseil ne s’est pas attardé sur les questions politiques.

Concernant le budget, le projet affiche le chiffre de 6521 milliards DA de recettes contre près de 8628 milliards DA de dépenses. Le déficit global s’élèvera ainsi à près de 9% du PIB l’année prochaine. Pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans, l’État compte réduire son budget de fonctionnement fixé à 4584 milliards de dinars pour l’exercice 2018, soit une baisse de sept milliards par rapport à l’exercice en cours (4 591,8 milliards de dinars en 2017).

Cependant, l’État compte augmenter son budget d’équipement. Les autorisations de programme retenues pour l’année prochaine s’élèvent à 2270 milliards DA, soit une hausse de 873 millions DA par rapport à 2017. Les crédits de paiements inscrits pour 2018 s’élèvent à 4043 milliards DA (contre 2291 milliards DA pour l’année en cours). Les allocations prévues pour le budget d’équipement couvrent notamment la relance des projets gelés dans les secteurs de l’éducation nationale, de la santé, et des ressources en eaux, et l’emploi.

Les transferts sociaux connaissent, eux aussi, une augmentation de l’ordre de 8% par rapport à 2017. Le budget proposé pour l’année prochaine est de l’ordre de 1760 milliards de DA destinés au soutien aux familles, à l’habitat, à la santé, ainsi qu’aux subventions des prix des produits de première nécessité, à savoir les céréales, le lait, le sucre, et les huiles alimentaires.

Le PLF 2018 introduit cependant plusieurs mesures nouvelles de modernisation de la législation fiscale, parmi lesquelles l’instauration d’un impôt sur la fortune. Il contient également des dispositions de bonification intégrale par l’État, des crédits bancaires levés par l’AADL pour financer la réalisation de 120.000 logements de location-vente, ainsi que le rétablissement de la subvention aux prix de l’orge fournis aux éleveurs pour l’alimentation du bétail.

Intervenant à l’issue de l’examen de ce dossier le chef de l’État a insisté sur le dynamisme dont devra faire preuve le Gouvernement pour réaliser les projets apportés par ce plan d’action. Selon lui, le PLF 2018 a été élaboré de sorte à répondre aux impératifs de ce plan qui doit lui aussi répondre aux attentes des Algériens.

Le président de la République a également instruit le gouvernement pour entamer l’élaboration de textes réglementaires pour mettre en place un mécanisme indépendant de suivi des emprunts du Trésor auprès de la Banque d’Algérie, ainsi que du suivi de la mise en œuvre des réformes structurelles économiques et financières devant permettre un retour rapide à l’équilibre des comptes publics et de la balance des paiements extérieurs.

Un projet de loi relatif au commerce électronique a été également adopté mercredi par le Conseil des ministres. Ce texte vise à donner une assise légale à cette activité qui est déjà apparue en Algérie et à instaurer autour de cette activité un climat de confiance propre à son extension.

Le projet de loi de finances 2018 n’attend plus que l’aval du parlement. Et ce que les Algériens redoutaient notamment en ce qui concerne l’augmentation des prix de certains produits n’a pas pu être évité. Ce projet de loi de finances prévoit d’ailleurs, une augmentation des prix des carburants qui attendront les 38.64 DA par litre pour l’essence normal et 41.67 Dinars pour l’essence super. L’essence sans plomb et le gasoil seront facturés respectivement à 41.28 et 22.80 DA le litre et une augmentation des taxes sur le tabac et les boissons alcoolisées. Ces augmentations seront de l’ordre de 10% de la TVA sur le tabac et de 5% sur les boissons alcoolisées. Une taxe sur le rechargement des forfaits téléphoniques est également prévue.

M.M.

 

Notez cet article